Syndicats et patronat maintiennent la pression sur la loi Travail

le
1
    * Valls reçoit les partenaires sociaux à 14h30 
    * Travail de réécriture pendant le week-end 
    * Le patronat craint une version "édulcorée" 
 
    PARIS, 14 mars (Reuters) - Syndicats et patronat ont une 
nouvelle fois mis en garde lundi le gouvernement contre la 
réforme du code du travail à quelques heures d'une rencontre 
avec Manuel Valls qui doit leur présenter un texte de compromis 
censé désamorcer la contestation.  
    Le Premier ministre, qui a promis vendredi "un compromis 
dynamique et ambitieux" sur ce qui pourrait être la dernière 
grande réforme du quinquennat de François Hollande, doit 
recevoir ce lundi à 14h30 les partenaires sociaux après un 
week-end de discussions avec le chef de l'Etat. 
    "J'espère qu'ils ont travaillé dans le bon sens, 
c'est-à-dire des modifications substantielles dans cette loi", a 
dit le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger sur France 
2.    "S'il n'y a pas les modifications que la CFDT demande, la 
CFDT continuera de se mobiliser." 
    "Il y a un lancement de cette loi qui a été désastreux et 
qui arrive à un moment où il y a une fatigue démocratique et il 
y a beaucoup de mal-être social et où les gens en ont un peu 
ras-le-bol", a-t-il ajouté. "Il est encore temps cet après-midi 
-- et j'appelle le gouvernement à le faire -- de rectifier le 
tir pour créer du positif, sinon évidemment on aura beaucoup de 
difficultés dans les semaines à venir." 
    Plus de 200.000 personnes ont manifesté mercredi dernier en 
France contre la réforme lors d'une journée de mobilisation en 
demi-teinte.  
    Face à la contestation, qui fait craindre à l'exécutif une 
répétition de la mobilisation contre le contrat première 
embauche (CPE) il y a dix ans, le gouvernement a repoussé au 24 
mars la présentation du projet de loi dit "El Khomri" en conseil 
des ministres. 
     
    RETRAIT OU RÉÉCRITURE 
    Les syndicats s'opposent au texte avec des mots d'ordre 
différent. Les "réformistes" (CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FAGE) 
exigent la réécriture de ses dispositions emblématiques. La CGT, 
Force ouvrière et une vingtaine d'organisations de jeunes 
réclament son retrait. 
    "Il faut reprendre tout à zéro et recommencer à discuter", a 
dit le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur France 
Info. "Si le Premier ministre nous annonce qu'on repart à zéro, 
eh bien on repartira à zéro, le débat continuera mais sous 
d'autres formes. Par contre, si le texte est maintenu avec 
quelques aménagements, plus que jamais, il faudra que les 
citoyens se mobilisent", a-t-il ajouté.  
    Côté patronal, le président de la CGPME, François Asselin, 
met lui en garde contre un texte qui serait au final "trop 
édulcoré".  
    Dans une interview aux Echos, il dit craindre "que les 
seules mesures qui sont vraiment favorables aux PME (...) soient 
supprimées" et que "le projet de loi finisse comme souvent avec 
des mesures qui ne seront profitables qu'aux grandes 
entreprises".  
    Les organisations de jeunesse ont prévu de redescendre dans 
la rue jeudi avant une nouvelle journée de mobilisation 
nationale le 31 mars des opposants les plus radicaux.  
    Selon un sondage Odoxa publié dans Le Parisien Dimanche, 78% 
des 18-34 ans sont opposés au texte.  
    "Le message que doit comprendre ce gouvernement (...) c'est 
que le seuil de tolérance à la précarité chez les jeunes est 
déjà dépassé", a dit William Martinet, président de l'Unef, sur 
i-TELE. "Si ce gouvernement nous fait un nouveau projet de loi 
qui nous annonce de la précarité pour le reste de notre vie, eh 
bien forcément ça ne passera pas."    
 
 (Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • fbillere il y a 9 mois

    Une dose de lâcheté, une dose de "dialogue social" -peu ou prou un synonyme de lâcheté en politique- une dose de bêtise.. et c'est le mur dressé devant nous qui conduira à un basculement de régime: les exemples américain, allemands, belges,... de montée en puissance de partis "radicaux" ne portent pas leurs fruits apparemment..