Syndicats et patronat maintiennent la pression sur la loi Travail

le
1
MANUEL VALLS VA PRÉSENTER UNE NOUVELLE VERSION DU PROJET DE RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL
MANUEL VALLS VA PRÉSENTER UNE NOUVELLE VERSION DU PROJET DE RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Syndicats et patronat ont une nouvelle fois mis en garde lundi le gouvernement contre la réforme du Code du travail à quelques heures d'une rencontre avec Manuel Valls qui doit leur présenter un texte de compromis censé désamorcer la contestation.

Le Premier ministre, qui a promis vendredi "un compromis dynamique et ambitieux" sur ce qui pourrait être la dernière grande réforme du quinquennat de François Hollande, doit recevoir ce lundi à 14h30 les partenaires sociaux après un week-end de discussions avec le chef de l'Etat.

"J'espère qu'ils ont travaillé dans le bon sens, c'est-à-dire des modifications substantielles dans cette loi", a dit le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger sur France 2. "S'il n'y a pas les modifications que la CFDT demande, la CFDT continuera de se mobiliser."

"Il y a un lancement de cette loi qui a été désastreux et qui arrive à un moment où il y a une fatigue démocratique et il y a beaucoup de mal-être social et où les gens en ont un peu ras-le-bol", a-t-il ajouté. "Il est encore temps cet après-midi - et j'appelle le gouvernement à le faire - de rectifier le tir pour créer du positif, sinon évidemment on aura beaucoup de difficultés dans les semaines à venir."

Plus de 200.000 personnes ont manifesté mercredi dernier en France contre la réforme lors d'une journée de mobilisation en demi-teinte.

Face à la contestation, qui fait craindre à l'exécutif une répétition de la mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) il y a dix ans, le gouvernement a repoussé au 24 mars la présentation du projet de loi dit "El Khomri" en conseil des ministres.

RETRAIT OU RÉÉCRITURE

Les syndicats s'opposent au texte avec des mots d'ordre différent. Les "réformistes" (CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FAGE) exigent la réécriture de ses dispositions emblématiques. La CGT, Force ouvrière et une vingtaine d'organisations de jeunes réclament son retrait.

"Il faut reprendre tout à zéro et recommencer à discuter", a dit le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur France Info. "Si le Premier ministre nous annonce qu'on repart à zéro, eh bien on repartira à zéro, le débat continuera mais sous d'autres formes. Par contre, si le texte est maintenu avec quelques aménagements, plus que jamais, il faudra que les citoyens se mobilisent", a-t-il ajouté.

Côté patronal, le président de la CGPME, François Asselin, met lui en garde contre un texte qui serait au final "trop édulcoré".

Dans une interview aux Echos, il dit craindre "que les seules mesures qui sont vraiment favorables aux PME (...) soient supprimées" et que "le projet de loi finisse comme souvent avec des mesures qui ne seront profitables qu'aux grandes entreprises".

Les organisations de jeunesse ont prévu de redescendre dans la rue jeudi avant une nouvelle journée de mobilisation nationale le 31 mars des opposants les plus radicaux.

Selon un sondage Odoxa publié dans Le Parisien Dimanche, 78% des 18-34 ans sont opposés au texte.

"Le message que doit comprendre ce gouvernement (...) c'est que le seuil de tolérance à la précarité chez les jeunes est déjà dépassé", a dit William Martinet, président de l'Unef, sur iTELE. "Si ce gouvernement nous fait un nouveau projet de loi qui nous annonce de la précarité pour le reste de notre vie, eh bien forcément ça ne passera pas."

(Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • fbillere il y a 9 mois

    Mieux vaut un clash qu'un mauvais compromis..