Sylvie Andrieux se défend d'avoir tiré profit d'un système

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SYLVIE ANDRIEUX SE DÉFEND D'AVOIR TIRÉ PROFIT DE SUBVENTIONS ACCORDÉES PAR LA RÉGION PACA
SYLVIE ANDRIEUX SE DÉFEND D'AVOIR TIRÉ PROFIT DE SUBVENTIONS ACCORDÉES PAR LA RÉGION PACA

MARSEILLE (Reuters) - La députée socialiste de Marseille, Sylvie Andrieux, s'est défendue jeudi d'avoir tiré profit de subventions accordées par le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur à des associations présumées fictives de sa circonscription.

L'élue et 21 autres prévenus comparaissent depuis le 4 mars devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits présumés de détournement de fonds publics.

"On ne me fera pas jouer un rôle qui n'était pas le mien", a-t-elle déclaré à l'audience.

Sylvie Andrieux est soupçonnée après une enquête de Tracfin, cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie, d'avoir fait verser environ 740.000 euros à des associations de sa circonscription pour obtenir les voix d'électeurs entre 2005 et 2007, lorsqu'elle était vice-présidente chargée du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca).

Au coeur des débats figure la "R950", dénomination de la ligne budgétaire réservée aux projets de la politique de la ville au sein de l'institution.

C'est ce biais qu'ont utilisé les élus pour faciliter l'instruction simplifiée de "dossiers signalés" pour éviter l'examen plus poussé habituellement mené par les services dans le cadre de subventions accordées aux associations.

"On est face à des mémoires sélectives. La R950, je ne l'ai pas créée, ce n'est pas moi qui l'ai alimentée", a indiqué l'élue PS. "Ce n'est pas la cagnotte de la vice-présidente. C'est inimaginable de dire cela même pour sauver sa peau."

Fidèle à son système de défense depuis le début de l'instruction, Sylvie Andrieux s'est de nouveau défaussée sur l'action des fonctionnaires et sur celle de son ancien attaché parlementaire, Roland Balalas, un "homme de confiance" sur lequel elle s'appuyait avant de "ne plus s'occuper de rien".

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Elle a aussi minimisé son pouvoir réel face à la puissance administrative avec notamment un "volume infime" de dossiers présentés par les élus. "C'était de l'ordre de 3 à 5% du volume total, cela ne représentait quasiment rien", dit-elle.

Les subventions aux associations présumées fictives auraient pourtant été destinées à un usage "électoraliste et clientéliste", comme l'a affirmé durant l'instruction Roland Balalas, également mis en examen, qui est venu témoigner mercredi malgré un accident vasculaire cérébral qui l'a quasiment privé de l'usage de la parole depuis 2010.

"A aucun moment, je n'ai défendu ni présenté un dossier. Ce n'était pas mon rôle", a rétorqué l'élue socialiste.

Agée de 51 ans, Sylvie Andrieux est députée des Bouches-du-Rhône depuis 1997. Le Parti socialiste lui a retiré son investiture pour les dernières législatives après l'annonce, en mai 2012, de son renvoi devant le tribunal correctionnel. Elle siège toutefois au sein du groupe socialiste à l'Assemblée nationale depuis le 13 juillet 2012.

Réélue députée en juin 2012 dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui couvre une partie des quartiers nord de Marseille, à l'issue d'un duel serré avec le candidat du Front National Stéphane Ravier, elle a été mise en examen en 2010 pour "complicité de détournement de fonds publics et complicité de tentative d'escroquerie".

Elle encourt une peine de dix ans d'emprisonnement et une amende de 150.000 euros.

Les débats sont programmés jusqu'au 22 mars.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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