Swan Capital Management : « Prudence de mise à l'horizon 2010 »

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Les investisseurs restent sceptiques sur une reprise durable de la demande en 2010. Il convient dès à présent d'adopter une stratégie actions équilibrée estime Olivier de Faramond, directeur gestion Actions Europe chez Swan Capital Management.

Mardi, l'ISM manufacturier aux Etats-Unis s'est établi à 52,9 contre 48,9 en juillet, ce qui constitue plutôt une bonne surprise (indice supérieur à 50 signifiant une progression de l'activité). Un signal encourageant selon vous ?

Olivier de Faramond : Effectivement. A court terme, les investisseurs sont confortés par la reconstitution des stocks dans l'industrie. Par ailleurs, les niveaux de taux historiquement bas et les mesures fiscales accommodantes vont soutenir le PIB mondial au troisième et quatrième trimestre de cette année. Mais des inquiétudes demeurent à moyen terme sur la capacité de reprise durable de la demande finale. A l'horizon 2010, les consommateurs, surtout dans les pays anglo-saxons, et les banques vont reconstruire leurs bilans et continuer à se désendetter. Une politique de normalisation monétaire va également se mettre en place. La sortie de récession va être complexe à piloter aux Etats-Unis. C'est un processus qui pourrait contrarier les opérateurs « pressés ». Une certaine prudence s'impose donc.

Les marchés ont-ils déjà commencé à anticiper ces difficultés ?

O.d.F : Après une période de rebond spectaculaire commencée le 9 mars et qui s'est poursuivie jusqu'à fin août, nous arrivons maintenant dans une phase intermédiaire. Par rapport aux cycles précédents, quand l'ISM redevient positif, il existe encore un potentiel de hausse sur les marchés actions de 13%-15% avant une possible remontée des taux mais la « recovery » est déjà bien engagée. Ces hausses de taux sont toujours anticipées par des mouvements de correction. Il me semble que c'est le moment de réajuster son portefeuille, d'adopter une stratégie actions équilibrée.

De quelle manière ?

O.d.F : Nous privilégions à la fois un pôle « recovery » dans les secteurs sinistrés : les banques (Commerzbank) et la construction (Saint Gobain) ainsi que des titres plus défensifs, des valeurs de croissance stable. France Télécom nous paraît très bon marché aux cours actuels. Bouygues a l'avantage d'être à la fois présent dans la construction et les télécoms. Nous apprécions aussi le distributeur néerlandais Ahold, valeur bien restructurée et positionnée sur le secteur de la consommation non cyclique, et le brasseur belge AB Inbev bien implantée à la fois en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique Latine. Leur endettement n'est pas un problème car le groupe génère un free cash flow important.

Et à plus court terme ?

O.d.F : On peut acheter ST-Micro et Natixis. Des valeurs très pénalisées comme Lufthansa ou Nokia restent également des bonnes opportunités.

Propos recueillis par Julien Gautier

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