Swan Capital : "Les analystes doivent revoir leurs anticipations de croissance des bénéfices"

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Daniel Phelan, spécialiste actions internationales, gérant du fonds Celestium chez Swan Capital Management, estime que les analystes devraient revoir leurs anticipations de croissance des bénéfices.

Le plan de sauvetage américain n’a pas été voté par la Chambre des Représentants et est à nouveau soumis au vote du Sénat. Qu’en pensez-vous ?

Daniel Phélan : Les élus, notamment républicains, ont suivi en grande majorité les souhaits des citoyens mécontents de devoir soutenir les erreurs du capitalisme poussé à l’extrême à Wall-Street (coût estimé pour chaque américain de 3.300 dollars environ). En période électorale, l’avis des électeurs devient primordial ! Un nouveau plan devrait être présenté mercredi soir mais la question fondamentale n’est pas de savoir si ce plan sera voté ou pas, mais plus de savoir si le montant annoncé de 700 milliards de dollars sera suffisant pour rétablir la confiance, notamment entre les banques. Il faudra donc un vrai sauvetage et surtout du temps pour effacer cette crise.

Quelles seraient les conséquences du plan Paulson sur l'économie américaine et plus largement sur l'économie mondiale ?

D. P. : Il est clair que le financement de ce plan par les contribuables aurait des répercussions négatives sur la consommation des ménages déjà mise à mal. On rappelle ici que la consommation américaine représente 70% du PIB et que les importations US représentent 30 % des échanges internationaux. L’économie mondiale en quasi récession ne peut se permettre de voir le pays sombrer; si la demande interne US est moindre, les fournisseurs de produits manufacturés comme la Chine ou le Japon seront impactés.

Quelles perspectives pour les marchés d’actions ?

D. P. : Le problème est avant tout une crise gigantesque du crédit qui a de facto des répercussions sur le marché des actions. Il est donc primordial que la confiance revienne et que les analystes revoient leurs anticipations de croissance des bénéfices. Souvent la fin d’une baisse des marchés actions intervient en période de forte volatilité et dans un contexte morose. Je crois que depuis quelques semaines, ces conditions sont réunies ; il est donc recommandé de ne pas être totalement absent des actions pour pouvoir profiter des futurs rebonds ; mais gardons raison et n’anticipons pas de hausse trop rapide. Dans mon fonds flexible Celestium, qui peut détenir jusqu’à 100% d’actions internationales, j’ai toujours le minimum d’actions que je me suis autorisé, à savoir 40%. C’est plus parlant qu’un long discours...

Quels secteurs avez-vous privilégié dans un tel contexte ?

D. P. : Traditionnellement les secteurs qui souffrent le moins dans cette crise sont les plus défensifs, capables de générer des cash flows récurrents, comme les biens de consommation, les services, la téléphonie, et certaines valeurs industrielles solides. En tant que « sélectionneur » de sociétés bien gérées, j’investis dans des affaires dont le capital est détenu par les équipes dirigeantes. Ce critère est essentiel pour répondre à l’intérêt des actionnaires minoritaires.


Propos recueillis par Lucie Morlot


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