Suu Kyi rencontre le président birman pour préparer la transition

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 (Actualisé avec déclarations du porte-parole de la présidence) 
    par Aung Hla Tun et Timothy Mclaughlin 
    NAYPYITAW, 2 décembre (Reuters) - Aung San Suu Kyi, chef de 
file de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) en Birmanie, 
s'est entretenue mercredi avec le président Thein Sein pour 
préparer l'arrivée au pouvoir de son parti après plusieurs 
décennies de régime militaire. 
    Aung San Suu Kyi a été reçue pendant 45 minutes au palais 
présidentiel à Naypyitaw, la capitale birmane, et les 
discussions ont été centrées sur le transfert du pouvoir vers un 
gouvernement démocratiquement élu, une première depuis 1960 en 
Birmanie, a dit le porte-parole de la présidence. 
    "Nous avons ouvert un canal de communication entre les deux 
parties", a dit ce porte-parole, Ye Htut, également ministre de 
l'Information. 
    "Elles se sont essentiellement concentrées sur le transfert 
en douceur et pacifique des responbsabilités de l'Etat vers le 
futur gouvernement (...) en vue d'une coopération bilatérale 
afin qu'il n'y ait aucune inquiétude au sein de la population", 
a-t-il ajouté. 
    Aung San Suu Kyi doit rencontrer dans l'après-midi le chef 
des forces armées, Min Aung Hlaing. 
    La lauréate du prix Nobel de la paix a elle-même sollicité 
ces entretiens pour parler de réconciliation nationale à la 
suite de la large victoire de la LND aux élections législatives 
du 8 novembre. Force dominante dans le nouveau parlement qui 
entrera en fonctions en début d'année prochaine, la LND doit 
nouer des relations de travail avec l'appareil militaire si elle 
souhaite commencer son exercice du pouvoir en douceur. 
    Aux termes d'une Constitution rédigée du temps de la junte 
militaire, l'armée contrôle les ministères de l'Intérieur, de la 
Défense et des Frontières et un partage du pouvoir est prévu 
avec le parti porté à la tête du pays par les urnes, quelle que 
soit l'ampleur de sa victoire électorale. 
    A 70 ans, Aung San Suu Kyi se dit prête à collaborer avec 
l'armée mais elle a exprimé clairement sa volonté de modifier la 
Constitution, notamment l'article l'empêchant d'accéder à la 
présidence du fait que ses deux enfants sont de nationalité 
étrangère. 
    Ye Htet a déclaré que ce point n'avait pas été abordé au 
cours de l'entretien avec Thein Sein. Il a souligné que ce 
serait au nouveau parlement de se prononcer à ce sujet. 
    La Constitution alloue automatiquement à des membres de 
l'armée un quart des sièges dans les deux chambres du parlement, 
ce qui équivaut à un droit de veto sur toute réforme 
constitutionnelle. 
    Thein Sein et Min Aung Hlaing ont tous deux reconnu la 
victoire électorale de la LND et ont proposé leur assistance 
pour garantir une transition en douceur vers un nouveau 
gouvernement entre février et avril de l'année prochaine. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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