Suu Kyi appelle à des élections libres et équitables en Birmanie

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(Actualisé avec déclaration et éléments de contexte, § 2-8-9-10) RANGOUN, 8 septembre (Reuters) - La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a lancé sa campagne pour les premières élections législatives libres en Birmanie depuis que l'armée a transmis le pouvoir à un gouvernement semi-civil en 2011, appelant la communauté internationale à suivre de près le résultat du scrutin. Dans un message posté mardi sur la page Facebook de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), elle estime que les élections du 8 novembre devront être libres et équitables, ajoutant que la période de transition qui s'en suivra serait "encore plus important". La LND est donnée favorite du scrutin, ce qui serait un bouleversement dans le paysage politique de la Birmanie où les activistes démocratiques n'ont pas eu droit à la parole pendant les près de 50 années de junte militaire. En 1990, la LND avait remporté haut la main les élections législatives mais la junte avait ignoré les résultats. "Pour la première fois depuis des décennies, notre peuple aura vraiment l'occasion de se prononcer en faveur d'un vrai changement. C'est une chance que nous ne pouvons laisser passer", déclare Aung San Suu Kyi. "Une transition paisible et en douceur est presque encore plus importante que des élections libres et équitables", ajoute-t-elle. La campagne électorale commence moins d'un mois après que Shwe Mann, le puissant chef de file du parti au pouvoir en Birmanie, le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), a été démis de ses fonctions, apparemment en raison d'un conflit avec le président du pays, Thein Sein. (voir ID:nL5N10O04R ) L'armée observait avec suspicion la relation de grande proximité entre Shwe Mann et Suu Kyi. Son éviction a été interprétée par certains comme le signe que le gouvernement de Thein Sein pourrait chercher à se maintenir au pouvoir même si la LND sort largement en tête des urnes. La Constitution interdit à Suu Kyi de devenir présidente, du fait de la nationalité étrangère de ses enfants, et accorde aussi aux militaires un droit de veto de fait sur les modifications constitutionnelles. "Apportez-nous votre aide en surveillant ce qui se passera d'ici aux élections, pendant les élections et, encore plus important, après les élections", ajoute Aung San Suu Kyi dans son texte. (Antoni Slodkowski; Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le service français)

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