Suspension des pourparlers d'Alger sur le nord du Mali

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(Actualisé, communiqué des médiateurs, §§ 8-10) par Tiemoko Diallo BAMAKO,27 novembre (Reuters) - La troisième session de négociations entre le gouvernement malien et des groupes principalement touaregs du Nord a été suspendue jeudi à Alger sans qu'un accord ait été trouvé, a-t-on appris auprès des parties. Les discussions portent sur l'avenir du nord du Mali, que les Touaregs désignent sous le nom d'Azawad. Elles doivent déboucher sur un accord de paix qui réglerait un contentieux remontant à l'indépendance en 1960. A quatre reprises, la question de l'Azawad a soulevé des insurrections armées pour l'indépendance ou l'autonomie. En 2012, les Touaregs ont été rejoints par des djihadistes. L'alliance provisoire entre ces groupes a pris le contrôle du nord du Mali et marché sur Bamako, provoquant l'intervention de l'armée française en janvier 2013. "Les négociations sont suspendues sans accord préliminaire", a annoncé Chérif Kanouté, porte-parole du ministère malien des Affaires étrangères. Moussa Ag Assarid, porte-parole de groupe rebelles, a confirmé d'Alger par téléphone que les discussions étaient terminées, ajoutant qu'une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu en janvier. Il a précisé que le principal point de blocage portait sur le degré d'autonomie à accorder au nord du pays. "Les négociations sont terminées parce que le chef de la délégation gouvernementale a dit qu'il n'avait pas de mandat pour discuter d'autre chose que d'une simple décentralisation", a dit Moussa Ag Assarid. LES MÉDIATEURS OPTIMISTES Dans un communiqué, les médiateurs internationaux, parmi lesquels l'Algérie, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et l'Union africaine, se disent optimistes sur l'issue de la prochaine session de pourparlers. Ils "notent avec satisfaction les progrès significatifs qui ont permis d'identifier les difficultés à surmonter" et se disent "prêts à aider les parties à trouver les compromis appropriés". La conclusion d'un accord permettra, ajoutent les médiateurs, "non seulement la restauration de la paix au Nord du Mali mais contribuera aussi de manière significative à la création des conditions permettant une lutte efficace contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée". Sur le terrain, les violences se poursuivent. Deux soldats maliens ont été tués mardi par l'explosion d'une mine au passage d'un convoi ministériel dans le nord du pays, près de Bourem, dans la région de Gao. Les militaires se trouvaient dans un des véhicules du convoi du ministre du Développement rural, Bocari Treta, qui est sorti indemne de l'attaque. Officiellement, les rebelles touaregs ont rompu avec leurs anciens alliés islamistes mais le général Jean-Pierre Palasset, qui commande l'opération Barkhane conduite par l'armée française dans la région, a confié le mois dernier à Reuters qu'il pensait que les deux mouvances conservaient des liens. (Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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