Suspense total en Grande-Bretagne

le , mis à jour à 12:30
0

* Renouvellement des 650 sièges de la Chambre des communes * Aucun parti ne part favori pour ce scrutin à un tour * Le Labour et les Tories crédités chacun d'un tiers des voix * Le scrutin devrait confirmer la fragmentation de l'électorat (Actualisé avec combinaisons possibles, § 16-17-18) par Andrew Osborn et Guy Faulconbridge LONDRES, 7 mai (Reuters) - Les Britanniques élisent jeudi leurs représentants à la Chambre des communes et à travers eux le Premier ministre qui dirigera la cinquième puissance économique mondiale, lors d'un scrutin qui s'annonce particulièrement indécis. Au sortir de cinq semaines de campagne électorale, ni le Parti conservateur du Premier ministre sortant David Cameron, ni le Labour de son rival travailliste Ed Miliband ne se sont détachés dans les intentions de vote. Créditées chacune d'environ un tiers des suffrages, les deux grandes formations qui occupent alternativement le 10, Downing Street souffrent de l'émergence de partis autrefois marginaux, comme le Parti de l'indépendance (UKIP), et de la percée en Ecosse des nationalistes du SNP, nullement affectés, bien au contraire, par leur échec in extremis au référendum d'indépendance de septembre dernier. La formation de Nigel Farage, qui milite pour un renforcement de la lutte contre l'immigration et une sortie de l'Union européenne, capte une partie de l'électorat traditionnel conservateur en Angleterre; conduit par Nicola Sturgeon, star surprise de la campagne, le SNP menace lui des dizaines de circonscriptions écossaises jusque-là tenues par les travaillistes. CAMERON: "LES TORIES OU LE CHAOS" Conséquence: ni Cameron, ni Miliband ne devraient obtenir la majorité absolue des 650 sièges à la Chambre des communes. Au lendemain de ce scrutin uninominal majoritaire à un tour, conservateurs et travaillistes devront donc s'allier aux petits partis pour gouverner ou tenter de former un gouvernement minoritaire. "Cela va être la compétition la plus serrée jamais vue", a déclaré Ed Miliband à la veille du vote à ses partisans réunis à Pendle, dans le nord de l'Angleterre. "Elle se gagnera au poteau." Pour David Cameron, seuls les Tories seront en mesure de constituer un gouvernement fort et stable. "Tous les autres choix déboucheront sur le chaos", a-t-il affirmé. Les conservateurs présentent comme le parti de l'emploi et de la reprise économique. Ils promettent de réduire l'impôt sur le revenu pour 30 millions de personnes et d'imposer de nouvelles réductions des dépenses publiques pour supprimer un déficit budgétaire qui représente 5% du produit intérieur brut. Sur le plan international, Cameron a promis d'organiser d'ici la fin 2017 un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne. Le Labour, qui a centré sa campagne sur l'avenir du Service national de santé (NHS) auquel les Britanniques sont très attachés, prévoit pour sa part de réduire le déficit progressivement, année après année, et d'augmenter l'impôt sur le revenu pour les 1% de foyers fiscaux les plus aisés. CONVAINCRE LES INDÉCIS Mercredi, Miliband a tenté de convaincre les indécis. "Vous pouvez avoir cinq années supplémentaires d'un Premier ministre qui met en premier les riches et les puissants. Ou, si je suis Premier ministre, je mettrai les travailleurs en premier", a-t-il déclaré. Les 48 millions d'électeurs peuvent voter de 06h00 à 21h00 GMT. Des sondages réalisés à la sortie des urnes seront publiés dès la fermeture des bureaux de vote mais les résultats seront connus tardivement, pour l'essentiel aux premières heures de vendredi. Si aucun parti ne remporte la majorité absolue, comme cela semble prévisible, des discussions commenceront vendredi avec les petits partis pour former une coalition comme celle conclue il y a cinq ans par les Conservateurs avec les Libéraux-démocrates (centristes) de Nick Clegg, devenu vice-Premier ministre. Sur les sept sondages publiés à la veille du scrutin, trois donnaient les conservateurs et travaillistes à égalité, trois donnaient les Tories en tête d'un point et un créditait le Labour de deux points d'avance. Une étude Ashcroft publiée après l'ouverture des bureaux de vote entrevoit elle aussi un match nul. JEUX D'ALLIANCES Selon le prévisionniste Peter Kellner, de l'institut de sondage YouGov, les conservateurs obtiendraient 284 sièges, le Labour 263, le Parti national écossais (SNP) 48, les Libéraux-démocrates 31, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) deux, les Verts un et les parties représentant le Pays de Galles et l'Irlande du Nord 21. Si cette prévision se révèle correcte, le Parti conservateur et le Labour auront chacun besoin du soutien d'au moins deux petits partis pour parvenir à la majorité absolue. Les Tories pourraient reconduire leur alliance avec les LibDem - qui se disent disponibles pour gouverner avec l'un ou l'autre des deux grands partis -, voire tenter d'y adjoindre les unionistes nord-irlandais et l'UKIP. Miliband a exclu de son côté toute coalition avec les nationalistes écossais du SNP, une alliance que Cameron a présentée durant la campagne comme l'unique option pour les travaillistes en ajoutant qu'une telle association pourrait mettre en péril le Royaume-Uni. Les nationalistes écossais pour leur part n'excluent pas des négociations avec les travaillistes: "Si nous travaillons ensemble, nous pouvons mettre les Tories à la porte. Nous travaillerons avec d'autres dans tout le Royaume-Uni, c'est ma promesse", a déclaré leur dirigeante, Nicola Sturgeon, à Edimbourg. Cameron et Miliband pourraient aussi opter pour un gouvernement minoritaire avec le risque évoqué par certains d'une instabilité politique susceptible de déboucher sur de nouvelles élections anticipées. "La dernière chose dont la Grande-Bretagne aurait besoin serait une seconde élection avant Noël. Mais c'est exactement ce qui se produira si Ed Miliband et David Cameron font passer leur intérêt politique personnel avant l'intérêt national", a déclaré cette semaine Nick Clegg. RENVOI LE POINT sur les élections au Royaume-Uni : ID:nL5N0XX1D7 (Avec Kylie MacLellan, William James et Andy Bruce; Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux