Sushi Daily au c?ur des hypers

le
0
La société arrive avec ses équipes, produit sur place, et verse une part des ventes aux enseignes.

Dans l'hyper Carrefour d'Ivry-sur-Seine, les clients se pressent autour de James, maître sushi, qui fait déguster ses «crunch cali roll» devant le stand de Sushi Daily. Makis et sushis sont fabriqués sur place dès le matin sur ce stand de 18 m2. D'un côté, le coin cuisine où cinq cuisiniers s'affairent devant les clients. De l'autre, un comptoir de vente en libre-service. Le panier moyen se situe entre 12 et 15 euros. «La majorité de nos clients ne sont jamais entrés dans un restaurant japonais, explique Jérôme Castaing, qui a fondé Sushi Daily avec son épouse coréenne Kelly Choi. Ils s'arrêtent chez nous pendant leurs courses.»

Le concept s'inspire des États-Unis, où le distributeur Kroger a mis en place des kiosques à sushis dans ses magasins. Avec Sushi Daily, le stand est fourni clés en main au distributeur qui prélève une part du chiffre d'affaires. «Dès que l'on s'installe dans un point de vente, on profite d'un flux continu de milliers de clients, raconte Kelly Choi. C'est comme ouvrir un restaurant sur les Champs-Élysées, le loyer en moins.»

La charge la plus lourde est le personnel. Sushi Daily, qui emploie 900 personnes avec 154 kiosques, compte jusqu'à cinq employés par stand aux heures de pointe. Le premier kiosque voit le jour à Vénissieux à l'été 2010. À l'époque, Carrefour «réenchante» l'hyper avec son concept Planet et compte sur de nouveaux services pour animer ses magasins. Jérôme Castaing et Kelly Choi écrivent à Lars Olofsson, alors PDG de Carrefour, pour lui proposer le concept. Son successeur, Georges Plassat, décide d'installer Sushi Daily au gré des rénovations de magasins.

Clientèle rajeunie

La marque rencontre un vrai succès dans les grandes agglomérations. À la différence des sushis en libre-service, le kiosque crée du passage supplémentaire. «Non seulement les ventes de chaque kiosque continuent de progresser, mais nous avons réussi à rajeunir fortement la clientèle du rayon poisson», explique Marc Duret, directeur de la marée de Carrefour France, qui a ouvert une centaine de points de vente en moins de trois ans. En France d'abord, puis en Espagne, Belgique et Italie.

Les ventes de Sushi Daily -qui prévoit 100 millions de chiffre d'affaires en 2013 (contre 40 millions l'an passé - varient de 500.000 euros à 2 millions annuels par kiosque selon leur taille. «Ils arrivent quasiment au même niveau de ventes que les principales chaînes de sushis», constate un expert. Un succès qui n'a pas manqué d'inspirer les autres enseignes. Casino, qui a également fait appel à Sushi Daily fin 2011, compte une quinzaine de kiosques. Quant à Leclerc, il a sollicité l'an passé un concurrent, Sushi Gourmet, dont les fondateurs avaient créé la chaîne Sushi West et mis en place un concept identique. Après deux premiers stands en septembre, le dernier a ouvert dans le nouveau centre commercial So Ouest, à Levallois-Perret.

Sushi Daily entend bien continuer à avancer ses pions. Des négociations sont en cours avec des distributeurs en Allemagne, aux Pays-Bas et en Angleterre. Une chose est sûre, la marque a contribué à réveiller le marché des sushis en grandes surfaces, qui ne représentait jusque-là qu'environ 2% d'un marché total évalué à 700 millions d'euros.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant