"Sursis" pour Serge Atlaoui condamné à mort en Indonésie

le , mis à jour à 19:12
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* Le Français ne figure pas sur la liste des prochains exécutés * Son avocat reste prudent, manifestation de soutien à Paris * Exécution "imminente" d'autres condamnés à mort (Actualisé avec autres condamnés à mort) DJAKARTA/PARIS, 25 avril (Reuters) - Serge Atlaoui, le Français condamné à mort pour trafic de drogue en Indonésie, ne fait pas partie de la prochaine vague d'exécutions, a annoncé samedi un responsable de l'ambassade de France à Djakarta, au terme d'une semaine où la tension est montée d'un cran entre les deux pays. L'ambassade a reçu une notification en ce sens du bureau du procureur général, a dit ce responsable à Reuters. La raison de ce report n'était pas claire. A Paris, le ministère français des Affaires étrangères n'a pas souhaité faire de commentaire. Le sort du Français âgé de 51 ans et père de quatre enfants, emprisonné depuis dix ans en Indonésie, fait l'objet d'intenses tractations diplomatiques de la part de la France qui multiplie depuis plusieurs semaines les appels à la grâce présidentielle. François Hollande, qui s'était entretenu au téléphone en février avec son homologue indonésien à ce sujet, a une nouvelle fois lancé un appel à la clémence cette semaine en estimant que l'exécution serait dommageable pour les relations entre la France et l'Indonésie. "On reste extrêmement prudent, tout pouvant changer d'un jour à l'autre et d'une heure à l'autre", a dit à Reuters l'avocat de Serge Atlaoui, Me Richard Sédillot, interrogé sur la notification reçue par l'ambassade de France. "C'est un sursis, ce n'est pas gagné, c'est la raison pour laquelle la mobilisation est extrêmement importante." Un rassemblement de soutien a réuni samedi après-midi à Paris une centaine de personnes à l'appel de plusieurs organisations de défense des droits de l'homme. "Ensemble sauvons Serge Atlaoui" ou "Dites non à la peine de mort", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants. Un autre rassemblement était prévu à Metz, ville dont est originaire Serge Atlaoui. "On continue, on ne lâche évidemment pas notre soutien, il faut continuer, tout le travail qu'on a fait, diplomatique, médiatique, juridique va peut-être porter ses fruits et il faut donc intensifier ce travail", a dit Me Sédillot. INNOCENCE Serge Atlaoui fait partie d'un groupe de dix condamnés à mort pour trafic de drogue, principalement des étrangers originaires d'Australie, du Nigeria, des Philippines, du Ghana et du Brésil. Sept d'entre eux, dont deux Australiens et un Nigérian, ont été informés samedi de leur exécution imminente qui pourrait survenir dès mardi prochain malgré les appels à la clémence lancés par Canberra et d'autres capitales. "Je suis partagé entre à la fois l'extrême tristesse d'apprendre que les autres condamnés pourraient être exécutés et le soulagement de savoir que celui que je défends depuis huit ans pourrait pour l'instant être épargné", a dit Me Sédillot. Serge Atlaoui, condamné pour "trafic de stupéfiants", clame son innocence. Il est venu en Indonésie en 2005 pour un chantier, selon son avocat. L'usine où il travaillait cachait un laboratoire d'ecstasy. Selon son épouse, il s'est rapidement rendu compte que quelque chose "clochait" mais il n'a pu rentrer en France faute d'argent pour acheter un billet d'avion. La police indonésienne l'a arrêté lors d'une descente dans l'usine. Son dernier recours a été rejeté mardi par la Cour suprême indonésienne, tout comme ceux déposés par les autres ressortissants étrangers condamnés à mort. Arrivé au pouvoir en octobre, le président indonésien Joko Widodo a jusqu'à présent rejeté les appels à la clémence des autorités de plusieurs pays dont des ressortissants attendent actuellement dans "le couloir de la mort". "J'appelle respectueusement une nouvelle fois le président indonésien à reconsidérer son refus d'accorder la grâce. Il n'est pas trop tard pour changer d'avis", a déclaré samedi la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop. (Randy Fabi à Djakarta, Marine Pennetier et Lucien Libert à Paris et Christopher McCall à Sydney; édité par Tangi Salaün et Henri-Pierre André)

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