« Sur la déchéance de nationalité, François Hollande n'a le choix qu'entre de mauvaises solutions »

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François Hollande à Paris le 19 mars 2016.
François Hollande à Paris le 19 mars 2016.

Le président est en passe d’en perdre une bonne part de son autorité dans la guerre intérieure contre le terrorisme.

Goût du risque et conception ludique de la politique ? Ou défaut de lucidité et faiblesse de conception ? Toujours est-il que François Hollande a le chic pour se fourrer dans des situations inextricables, comme s’il voulait refaire sans cesse la démonstration de son habileté à s’en dépêtrer. Jusqu’à présent, il s’en était tiré, tant bien que mal. Avec la réforme constitutionnelle en cours d’examen au Parlement – singulièrement avec sa disposition sur la déchéance de nationalité pour les auteurs d’actes terroristes –, le président de la République risque fort de toucher aux limites de l’exercice.

L’initiative était risquée. Mais l’Elysée peut plaider, à bon droit, que la situation était exceptionnelle. Au lendemain des terribles attentats djihadistes du– novembre 2015 à Paris, les Français attendaient du chef de l’Etat une riposte à la hauteur du défi. Quant au pouvoir exécutif, il pouvait craindre que le pays traumatisé ne se laisse aller à des réactions irrationnelles, notamment contre la communauté immigrée et musulmane de France. Il fallait donc frapper fort, marquer les esprits, souder la communauté nationale. C’est ce que fit François Hollande devant le Congrès, le 16 novembre, en annonçant une réforme hautement symbolique, destinée non seulement à donner valeur et définition constitutionnelles à l’état d’urgence, mais aussi à inscrire dans la Loi fondamentale le principe de la déchéance de la nationalité française pour les auteurs de crimes terroristes, dès lors qu...

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