Sur la côte Ouest, une entame de saison mitigée

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Malgré une baisse évidente des fréquentations sur les côtes du grand Ouest en ce début de saison, les propriétaires de campings et les Offices de tourisme sont sereins pour la suite de la saison.

Chaque année, le processus se répète. D'abord choisir une période arrêtée pour prendre des vacances. Et ensuite, choisir une destination. Ce second choix s'opère selon différents facteurs. Affinités avec telle ou telle région, envie de découvrir telle ou telle autre... Mais très souvent, le plus important reste de trouver du soleil. Et - inutile de se voiler la face - on se sent plus en sécurité lorsqu'on choisit une destination située dans le sud de la France. Pour les autres, partir sur la côte d'Amour ou sur le littoral breton s'avère bien souvent être un pari risqué...

Un début de saison «morose»

Au camping Le Fief à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), Sylvie Berthebaud ne peut que constater une forte baisse de fréquentation. Par rapport à l'année dernière, les réservations ont baissé de 20% pour le mois de juillet. Et pour elle, le mauvais temps n'est pas la seule explication. «Je pense qu'il y a un vrai problème de porte-monnaie, car la baisse de fréquentation est également visible sur les consommations et sur les services. Les gens sont beaucoup plus réticents à acheter une glace ou boire un verre au bar.»

Au camping à Piriac-sur-Mer, le directeur Patrice Mutelet a relevé cette même baisse de fréquentation d'environ 20%. «Si nous n'avons eu aucun désistement, il y a quand même un évident manque de remplissage» souligne Patrice, qui va même jusqu'à admettre un «climat morose» dans son camping.

Dans la ville côtière très pittoresque du Croisic, en Loire-Atlantique, le directeur de l'office de tourisme Bruno Sévérin explique une tendance qui s'applique à une bonne partie de la côte Ouest. «La fréquentation de ce début de saison est dans la droite lignée de ce que l'on a observé en juin, où nous avions déjà une baisse de 11%.» Pour tout le monde donc, pas d'autre choix que de tout miser sur le mois d'août et le début du mois de Septembre.

Faire preuve d'optimisme pour le mois d'août

Malgré cette entame de saison décevante, pas de temps pour se lamenter. Depuis quelques années, les débuts de saison un peu poussifs sont devenus monnaie courante sur les plages de l'Ouest.

Propriétaire du camping quatre étoiles Caravan'île sur l'île de Noirmoutier , Michel Ganuchaud a l'habitude de ce genre de situation. «Au début de la saison, on ressent toujours un peu de timidité, on croise beaucoup moins d'itinérants, mais cela se décante toujours très vite.» Il n'hésite d'ailleurs pas à plaisanter sur le sujet. «Cette année, on affichera le panneau complet un peu plus tard, il va falloir faire avec!»

Au Croisic non plus, pas de raison - et surtout pas question! - de dramatiser. «Chaque année, le port se remplit à partir du 14 juillet» explique Bruno Sévérin. «Pour la période allant de mi-juillet à mi septembre, on passe de 4000 habitants à un peu plus de 20 000! Et c'est systématique. Les vacanciers aiment la côte sauvage, et ce ne sont pas les incertitudes climatiques qui vont les faire changer» souligne-t-il sereinement.

Dans la mesure ou beaucoup de camping et d'organismes de locations travaillent sur un système de réservation au préalable, cela permet tout de même de voir venir, et traduit surtout l'envie des vacanciers de séjourner dans un endroit ou dans un autre. Dans ces conditions, l'annulation au dernier moment reste quand même largement minoritaire.

Proposer aux vacanciers des événements et des activités peu onéreuses

Objectivement, le temps n'est pas un argument suffisant pour que les vacanciers se décident à partir en vacances dans l'Ouest. Les offices de tourisme agissent donc en conséquence pour proposer divers événements attrayants pour les touristes. Festivals, activités en plein air, et aussi une communication axée sur les lieux situés à l'intérieur comme les musées ou autres établissements culturels.

À l'Office de tourisme de Saint-Brévin-les-Pins, à quelques kilomètres de Saint-Nazaire, on ne perçoit pas cette baisse de fréquentation. «Au contraire, avec le temps très moyen, les gens sont nombreux à venir pour chercher des idées d'endroits à visiter qui sont à l'intérieur!» observe Marjorie de son poste d'hôtesse à l'accueil.

Au Croisic, Bruno Sévérin explique que de nombreux moyens sont déployés pour offrir un large panel d'activités aux vacanciers, le plus souvent gratuites. «On sait pertinemment qu'en ce moment, les touristes ne sont pas en mesure de dépenser une fortune pour leurs activités quotidiennes. On s'est donc fixé comme but de rester attentif à leur budget, tout en leur proposant des événements de qualité.» Expositions et spectacles sont donc au programme tout l'été sur le port et ses alentours.

Dans la ville de la Rochelle, les festivals sont même au centre de la politique culturelle locale, pour optimiser l'affluence touristique. Le festival international du film de la Rochelle, par exemple a rassemblé pas moins de 80.000 personnes en 9 jours au début du mois de juillet. Difficile, dans ces conditions, de constater une baisse de fréquentation. «Tout l'été, la ville de la Rochelle propose des festivals - comme les Francofolies - et très souvent, on a du mal à distinguer la clientèle hors-festival, qui se mélange avec les festivaliers» analyse Christophe Marchais, directeur de l'Office de tourisme.

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