Suisse-La fin des privilèges pour les institutions sportives?

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par Katharina Bart ZURICH, 5 décembre (Reuters) - Les privilèges accordés par la Suisse à certaines des plus grandes institutions sportives mondiales et leurs dirigeants, dont le président de la Fifa Sepp Blatter, pourraient bien toucher à leur fin. En réponse aux allégations de corruption qui courent depuis des années, les parlementaires suisses s'apprêtent à voter une série de dispositions législatives, la "lex Fifa" (Fédération internationale de football), qui renforcera le contrôle de la soixantaine d'organisations basées dans la Confédération. En vertu de la première loi, qui doit être approuvée vendredi prochain, Sepp Blatter ou d'autres dirigeants comme le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach seront désormais considérés comme des "personnes politiquement exposées". Ce concept juridique signifie que les fonctions de haut rang de ces individus augmentent leur risque d'implication dans des activités de corruption ou blanchiment. La loi suivante placera les organisations sportives sous la coupe d'une nouvelle législation anti-blanchiment mise en place par le Groupe d'action financière (Gafi). Elles bénéficient jusqu'ici d'une exemption. La campagne en faveur d'une supervision accrue des institutions sportives est menée depuis 2010 par le député Roland Büchel, qui estime que les scandales liés à ces organisations nuisent à l'image de la Suisse. La dernière affaire en date porte sur des soupçons de corruption - rejetés par les intéressés - dans le processus de sélection des pays organisateurs des Coupes du monde de football 2018 et 2022, accordées respectivement à la Russie et au Qatar. Depuis 2010, huit membres du comité exécutif de la Fifa ont été suspendus par la commission d'éthique de l'institution, ou ont démissionné. Les institutions sportives en Suisse bénéficient du régime fiscal applicable aux associations à but non lucratif, bien plus favorable que celui des entreprises. La Fifa a son siège à Zurich, un bâtiment à moitié enfoui dans la "colline aux dividendes", ainsi nommée parce que ses habitants ont la réputation d'être suffisamment riches pour ne vivre que de leurs revenus du capital. La municipalité met en avant les centaines d'emplois créés par l'organisation et l'affluence engendrée par des événements comme la cérémonie du Ballon d'Or. L'opinion publique en Suisse s'est en revanche durcie contre la Fifa et son président, qui a la nationalité helvétique. Dans un récent sondage mené sur internet par le quotidien 20 minutes, 95% des personnes interrogées souhaitaient que Blatter prenne la responsabilité des récents déboires de la Fifa et présente sa démission. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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