Suisse-La BNS pourrait encore réduire ses taux, dit Jordan

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    ZURICH, 11 février (Reuters) - La Banque nationale suisse 
(BNS) n'exclut pas de réduire encore ses taux d'intérêt, déjà 
négatifs, a déclaré son président, Thomas Jordan, au magazine 
Bilanz, en expliquant que les turbulences actuelles sur les 
marchés pourraient se traduire par une nouvelle appréciation du 
franc suisse en raison de son statut de valeur refuge.  
    La BNS pratique des taux négatifs depuis décembre 2014, 
justement pour réduire l'attrait du franc et freiner la hausse 
de celui-ci, qui pénalise l'économie helvétique.  
    Interrogé par Bilanz sur la possibilité d'une nouvelle 
réduction des taux, Thomas Jordan a répondu: "Nous sommes allés 
relativement loin en matière de taux d'intérêt négatifs. Nous 
surveillons désormais attentivement la situation. Nous 
n'excluons rien." 
    La fourchette de fluctuation du taux Libor à trois mois, 
principal instrument de la politique monétaire suisse, est 
actuellement fixée entre -0,25% et -1,25%. La BNS impose en 
autre un taux négatif de -0,75% sur les avoirs des banques 
déposés auprès d'elle.  
    Cette politique monétaire vise à affaiblir le franc, a 
expliqué Thomas Jordan, ajoutant: "Dans ce but, nous avons des 
taux d'intérêt négatifs et nous sommes prêts à intervenir sur le 
marché des changes." 
    Le franc suisse s'était fortement apprécié face à l'euro 
après l'abandon par la BNS de son cours plancher de 1,20 franc 
pour un euro en janvier 2015, mais il est remonté cette année à 
plus de 1,11 franc  EURCHF= . Il s'échangeait autour de 1,0970 
franc à la mi-journée jeudi.  
    Pour Thomas Jordan, le franc reste surévalué mais devrait se 
déprécier avec le temps. "La surévaluation est moins importante 
qu'elle ne l'était il y a un an", a-t-il dit à Bilanz.  
    Prié de préciser si la banque centrale s'était fixé un 
objectif de taux de change face à l'euro, il a répondu: "Nous 
n'avons pas fixé d'objectif. Dans nos décisions, nous prenons en 
compte la situation des changes dans son ensemble." 
    A propos du statut de valeur refuge du franc, il a estimé 
que les taux négatifs avaient permis d'amortir les sorties de 
capitaux des marchés émergents, les devises d'autres économies 
avancées étant comparativement plus attractives. "Mais de fortes 
perturbations en Europe pourraient rapidement remettre le franc 
au premier plan", a-t-il ajouté.  
    Il a exclu de lier l'évolution du franc à un panier de 
devises ou de renouer avec un cours plancher.  
 
 (Silke Koltrowitz; Marc Angrand pour le service français) 
 

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