Suez Environnement: la drôle de rumeur Engie.

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(CercleFinance.com) - Depuis près d'un mois, une rumeur insistante veut qu'Engie, l'ancien GDF Suez, reprenne le contrôle de son ex-filiale Suez Environnement. A la peine sur ses marchés, l'énergéticien serait-il contraint de réintégrer son ancienne filiale de services collectifs ? Un scénario qui peut sembler surprenant, pas seulement d'un point de vue stratégique.

En effet, mi novembre, La lettre de l'Expansion indiquait qu'Engie pourrait prendre le contrôle de son ancienne filiale Suez Environnement, dont il détient toujours le tiers du capital. Engie aurait alors mandaté des banquiers conseils en ce sens.

Dès cette date, des bureaux d'études s'étaient montrés sceptiques : pour Société Générale, cette éventualité constituerait une surprise, Engie ayant jusqu'alors réduit sa participation dans Suez. Cette opération de plus “irait à l'encontre de l'histoire' car elle “constituerait 'un retour en arrière' et serait aux antipodes du récent changement d'image et de nom des deux entreprises. GDF Suez est devenu Engie et Suez une entité à part depuis le début d'année seulement.'

Ce matin, les Echos remettent le couvert : selon eux eux, Engie serait sur le point de céder ses centrales thermiques américaines contre de trois à cinq milliards de dollars. Ce qui pourrait marquer un premier pas avant la cession d'installations similaires en Europe et en Australie. Voire présager d'une sortie de l'activité d'exploration-production gazière.

Pourquoi faire ? Selon les Echos, le cash qu'Engie retirerait de ces éventuelles cessions permettrait de prendre le contrôle de Suez Environnement. Cité par le quotidien, un analyste d'AlphaValue déclare : “la question se pose effectivement : il faudra bien utiliser le produit des cessions”. D'où le retour de l'éventualité de la prise de contrôle de Suez Environnement, d'ailleurs citée par les Echos.

Pour Engie, ce retour dans les services collectifs (gestion des eaux, activité défensive, et gestion des déchets, plus cyclique) marquerait sans nul un retour en arrière. Les synergies entre les différents métiers paraissant limitées, on peut se demander si Engie ne s'y résoudrait pas faute de mieux, histoire de détenir une autre société qu'elle connaît déjà et qui est plus rentable qu'elle. Société Générale indique d'ailleurs que pour Engie, dont les profits sont en berne, “un rachat (de Suez Environnement) aurait un effet relutif sur le bénéfice”.

Mais ce rapprochement serait surtout étrange d'un point de vue boursier. Notons que La lettre de l'Expansion comme les Echos évoquent une “prise de contrôle” : ce qui supposerait pour Engie de passer de 33,7% de Suez à 50% : toutes choses égales par ailleurs, la mise de fonds nécessaire à une telle opération serait limitée (1,6 milliard d'euros environ).

Mais Engie ne perdrait-il pas alors le bénéfice de la “clause de grand-père” qui lui permet de détenir plus de 30% de Suez sans avoir à lancer d'OPA ? En ce cas, il faudrait mobiliser au moins 6,4 milliards d'euros pour passer de 33,7% à la totalité du capital de Suez Environnement.

Ce serait certes une belle somme mais rappelons qu'Engie, même étrillé par la Bourse (- 18% depuis le début de l'année) capitalise toujours 39 milliards d'euros. Au-delà de son étrangeté stratégique, la prise du contrôle de tout ou partie de Suez Environnement ne serait donc pas une opération de taille colossale à l'échelle d'Engie. A suivre.

EG


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