Suède-La Riksbank avertit sur les risques de surchauffe immobilière

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    STOCKHOLM, 24 mai (Reuters) - L'endettement des ménages 
suédois en raison de leurs prêts immobiliers constitue une 
sérieuse menace pour l'économie du pays alors que l'autorité de 
supervision bancaire doit présenter des mesures pour renforcer 
les banques, écrit la banque centrale suédoise dans son rapport 
semestriel sur la stabilité financière publié mercredi. 
    La Commission européenne a averti cette semaine des risques 
d'une "correction désordonnée", renforçant les craintes d'une 
surchauffe immobilière. 
    Une rapide chute des prix de l'immobilier pèserait sur la 
consommation des ménages comme sur le secteur bancaire et la 
contagion pourrait s'étendre aux pays nordiques et baltiques. 
    "La dette croissante et élevée des ménages constitue une 
sérieuse menace pour la stabilité économique et financière", dit 
la Riksbank dans un communiqué. 
    "Le système bancaire suédois montre également certaines 
fragilités et sa résistance doit donc être renforcée." 
    Les prix des maisons ont doublé au cours des dix dernières 
années, ceux des appartements ont triplé. Le niveau  
d'endettement des ménages -par rapport à leurs revenus 
disponibles- est parmi les plus élevés d'Europe. 
    La population croît rapidement et la Suède a construit trop 
peu de logements depuis des décennies. 
    Les Suédois bénéficient également d'un abattement fiscal de 
30% sur les prêts immobiliers, tandis que le marché de la 
location est solidement encadré. Au final, seule la moitié des 
ménages paient des intérêts sur leurs prêts. 
    Les ménages fortement endettés sont sous la menace d'une 
récession économique et d'une hausse des taux d'intérêt. 
     
    UN RATIO DE LEVIER POUR LES BANQUES 
    Une baisse de 20% des prix des maisons pourraient réduire le 
produit intérieur brut de 2,6%, a récemment estimé le Fonds 
monétaire international (FMI), qui ajoutait que l'impact d'un 
tel scénario sur les banques suédoises pourrait se répercuter 
dans les autres pays du Nord et baltes. 
    La Suède a enregistré une croissance de 3,3% en 2016. 
    La Risksbank a demandé à l'autorité de supervision bancaire 
d'imposer un ratio de levier pour les banques et l'a fixé à 5% 
pour l'année prochaine, ajoutant qu'il pourrait être nécessaire 
de l'augmenter au fil du temps. 
     Le ratio de levier est le niveau de fonds propres rapportés 
aux actifs pondérés des risques. 
    La crise de 2008 a conduit les autorités de supervision 
bancaire mondiales à rendre obligatoire un ratio de levier 
minimal de 3% à partir de janvier 2018. 
    Certains pays, comme la Suisse, les Etats-Unis et la 
Grande-Bretagne, sont allés au-delà de ces exigences et ont fixé 
à leurs banques un ratio d'au moins 4%. 
 
 (Bureau de Stockholm, avec Huw Jones à Londres; Catherine 
Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Juliette 
Rouillon) 
 
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