Sud Rail appelle la CGT à s'opposer à l'accord SNCF

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SUD-RAIL INVITE LA CGT À S'OPPOSER AUSSI À L'ACCORD SNCF
SUD-RAIL INVITE LA CGT À S'OPPOSER AUSSI À L'ACCORD SNCF

PARIS (Reuters) - Le syndicat Sud-Rail a appelé mercredi la CGT à s'opposer avec lui aux accords conclus par la SNCF et la branche ferroviaire avec l'Unsa et la CFDT sur un nouveau cadre social et donc à leur mise en oeuvre.

"Le poids des signataires de l’accord d’entreprise ne représente même pas 30% de l’ensemble des cheminots qui vont se le voir appliquer", écrit le troisième syndicat de la SNCF dans un communiqué.

"C’est donc la voix de plus des deux tiers des cheminots qui refusent ce nouveau cadre social qui a été mise à l’écart. C’est une véritable manipulation de la représentativité syndicale !".

Sud-Rail propose aux autres fédérations syndicales de "faire valoir en commun" leur droit d’opposition pour obtenir une réouverture des négociations sur la convention collective de branche et l’accord d'entreprise.

Seule la CGT cheminots, premier syndicat de la SNCF, est en réalité concernée. Elle a recueilli avec Sud-Rail 51% des voix aux dernières élections professionnelles à la SNCF.

Pour empêcher leur mise en oeuvre, les deux organisations doivent s'opposer ensemble à ces accords, signés par l'Unsa et la CFDT, deuxième et quatrième syndicats de la SNCF, qui ont obtenu pratiquement le maintien du statu quo pour les cheminots.

La CGT cheminots et Sud-Rail ont fait des négociations sur ces accords un élément de leur bras de fer avec le gouvernement sur le projet de loi réformant le marché du travail.

Le mouvement de grève que ces deux syndicats ont mené pendant plus de deux semaines paraît en voie d'extinction : selon la SNCF, le pourcentage de grévistes était "très faible" mercredi et le trafic était normal sur les ligne TGV, quasi normal pour les Intercités, les TER, tandis que neuf trains sur 10 circulaient sur les lignes Transilien et huit sur dix sur les lignes B et D du RER, qui desservent le Stade de France.

La CGT cheminots a annoncé mardi qu'elle ne signait pas l'accord d'entreprise mais sans préciser à ce stade si elle ferait jouer ou non son droit d'opposition. "C’est à l’appui des analyses et des éléments de réflexion issus de ses syndicats que la direction fédérale définira des suites qu’il conviendra de donner à l’accord d’entreprise et à la convention collective", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Si la CGT s'opposait avec Sud-Rail à l'accord d'entreprise, un "décret socle" gouvernemental, fixant des garanties sociales minimales, s'imposera, ce qui pourrait être contreproductif pour les cheminots et par ricochet pour ces deux syndicats.

En outre, si ne pas signer un accord n'empêche pas de changer d'avis plus tard et d'y adhérer, ce n'est pas vrai en cas d'opposition, dit-on de source proche du dossier.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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