Succès des adjudications espagnole et française

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RENDEMENT EN NETTE BAISSE POUR L'ADJUDICATION ESPAGNOLE
RENDEMENT EN NETTE BAISSE POUR L'ADJUDICATION ESPAGNOLE

par Nigel Davies et Raoul Sachs

MADRID/PARIS (Reuters) - L'Espagne a émis jeudi 4,8 milliards d'euros de dette, dont 3,9 milliards d'euros de sa nouvelle obligation à trois ans et 859 millions d'euros de dette à 10 ans dans de bonnes conditions.

Des professionnels estiment que l'attrait du trois ans confirme que le marché s'attend à ce que Madrid demande formellement l'aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui lui ouvrirait les portes du nouveau programme de la Banque centrale européenne (BCE) d'achat de dette souveraine (OMT, Opérations monétaires sur titres) des pays en difficulté.

La BCE a fait savoir que ces achats, sur le marché secondaire, porteraient sur des titres de maturité maximum de trois ans. Le gouvernement espagnol s'est jusqu'ici montré réticent à franchir cette étape.

La France de son côté a émis sans difficulté 7,965 milliards d'euros de dette moyen terme (BTAN), dont 3,165 milliards d'euros du BTAN de référence à deux ans (0,75% septembre 2014), à un taux moyen historiquement bas de 0,2%, battant un précédent record (0,54%) enregistré lors d'une adjudication en juin.

Le montant servi s'inscrit dans le haut de la fourchette (7 à 8 milliards d'euros) annoncée et le ratio de couverture (montant demandé/montant servi) est ressorti à 2,4.

Le Trésor espagnol s'est financé à trois ans au taux moyen de 3,845%, soit 9 points de base au-dessus du taux de marché, mais nettement en-dessous des plus hauts qui ont précédé les déclarations du président de la BCE Mario Draghi cet été.

Le président de la BCE avait déclenché une détente le 26 juillet en prévenant que la BCE ferait tout pour sauver la zone euro et réduire les écarts excessifs de taux.

PRIME AU TROIS ANS

Sur le marché, le taux à trois ans espagnol est tombé de 7,47% le 24 juillet à 3,78% ce jeudi.

Le coût de financement de l'Espagne à 10 ans s'est également détendu, le taux moyen de l'adjudication de ce jeudi étant ressorti à 5,67% contre 6,65% en août, et 7,61% le 24 juillet.

"Dans l'ensemble c'est une bonne adjudication", estime Michael Leister, stratégiste chez Commerzbank.

Commentant l'adjudication française, Alessandro Giansanti, stratégiste chez ING, dit "ne pas voir de problème".

"Il y a des risques liés à la réduction du déficit budgétaire mais la France est un marché très liquide et le meilleur de la zone euro après l'Allemagne, particulièrement pour les gros investisseurs", ajoute-t-il.

L'Agence France Trésor, qui gère la dette de l'Etat, a, outre le BTAN deux ans, émis des titres à trois ans et cinq ans. Sur cette dernière maturité, le taux moyen est ressorti à 0,98% contre 0,86% en juillet, reflétant une tension sur le 5 ans français depuis quelques jours.

L'AFT a également adjugé 1,777 milliard d'obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation de la zone euro (OATei) et sur l'inflation française (OATi) pour un montant annoncé compris entre 1,5 et 2,0 milliard d'euros.

Selon les données de l'AFT, la France a émis depuis le début de l'année et après ces adjudications 156,5 milliards d'euros de dette à moyen et long terme, soit près de 88% de son programme d'émission 2012 (178 milliards d'euros nets des rachats).

Raoul Sachs, édité par Matthias Blamont

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