STX France conforté par une commande de paquebots géants

le
0
MSC CROISIÈRES COMMANDE DEUX PAQUEBOTS À STX FRANCE
MSC CROISIÈRES COMMANDE DEUX PAQUEBOTS À STX FRANCE

PARIS (Reuters) - STX France a reçu commande jeudi de deux paquebots géants, un soulagement pour les 2.500 employés des chantiers navals de Saint-Nazaire au moment où la livraison de porte-hélicoptères à la Russie est menacée par la crise ukrainienne.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a estimé que cette commande d'un montant de 1,5 milliard d'euros, passée par l'armateur italo-suisse MSC Croisières, confortait l'avenir du site avant un désengagement éventuel de son principal actionnaire, le groupe sud-coréen STX.

Elle a été rendue possible par un accord de compétitivité conclu fin janvier grâce à l'accord de deux syndicats, CFDT et CFE-CGC, qui a permis à STX France de s'aligner sur les prix réclamés par le croisiériste.

Cet accord de compétitivité a été signé jeudi à mi-journée à Paris dans la foulée de la lettre d'intention avec MSC Croisières, qui porte sur la commande ferme de deux paquebots de nouvelle génération et des options sur deux autres.

La construction des deux unités livrables en 2017 et 2019, qui pourront accueillir plus de 5.700 passagers, représente 16 millions d'heures de travail pour Saint-Nazaire.

Présent à la cérémonie de signature, Pierre Moscovici a vu dans cette commande une "récompense pour la compétitivité des entreprises françaises".

LE PERSONNEL INQUIET POUR LE CONTRAT MISTRAL

"Il y a du travail garanti pour les salariés pour plusieurs années. C'est la preuve que ce site est compétitif, qu'il ne saurait en aucun cas être menacé. Il est conforté", a-t-il dit.

Il a assuré une nouvelle fois que l'Etat français continuerait de soutenir STX France, dont il détient 33,3% du capital, si le désengagement de STX se confirme en juin prochain.

MSC Croisières est un des grands clients des chantiers de Saint-Nazaire, à qui il a commandé 10 paquebots depuis 2003 pour un investissement total de 6,5 milliards d'euros.

Les nouvelles commandes interviennent au moment où le personnel s'inquiète d'une possible suspension de la livraison à la Russie de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral du fait de la crise en Ukraine.

La possibilité d'une telle suspension a été évoquée cette semaine par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, au cas où les Européens décideraient de monter d'un cran dans les sanctions contre la Russie.

A Moscou, un responsable du ministère de la Défense a indiqué jeudi que la Russie réclamerait une indemnisation si le contrat des Mistral est annulé.

"On se pose forcément des questions", a déclaré Christophe Morel, délégué syndical CFDT de STX France. "Le premier BPC repart en essais mer la semaine prochaine. Le seul impact pour le moment, c'est qu'il n'y aura pas de marins russes à bord", a-t-il dit à des journalistes.

Le syndicaliste a souligné que l'accord de compétitivité, qui comporte plusieurs dispositions - dont le gel pendant trois ans de la moitié des RTT des employés du site -, avait permis de répondre aux exigences de prix de MSC Croisières.

BAISSE DU COÛT DU TRAVAIL

"Le petit écart compétitif qu'a apporté cet accord a fait la différence", a-t-il dit.

STX France avait invoqué la perspective de cette commande pour négocier l'accord de compétitivité avec pour objectif de faire baisser de 5% la masse salariale, faisant valoir que son devis original était supérieur de 30 millions d'euros aux souhaits de MSC Croisières.

La CGT et FO ont rejeté le texte, mais seule la première a décidé d'invoquer un droit d'opposition, sans conséquence cependant car elle représente moins de 50% du personnel.

La commande de MSC est la deuxième bonne nouvelle de la semaine pour STX France, qui a décroché mardi la construction des nouveaux ferries de la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée), même si leur financement n'est pas encore bouclé.

Les chantiers de Saint-Nazaire, qui doivent livrer pour 2016 un paquebot géant à l?armateur Royal Carribean Cruise Line, attendent aussi début avril la signature de la commande ferme d?un ferry "écologique" pour la compagnie française Brittany Ferries, sous réserve là encore d?un plan de financement.

(Yann Le Guernigou, avec Guillaume Frouin à Nantes, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant