
Stuart Neville, l'Irlande désenchantée:
Il ne faut pas se fier aux apparences. Cheveux bruns mi-longs, épaisse chemise à carreaux, jean informe et passablement usé, Stuart Neville, 40 ans à peine, a tout d'un de ces geeks (passionnés d'informatique et de nouvelles technologies) que l'on peut croiser le vendredi soir, dans un pub irlandais, face à une pinte de Guinness. D'ailleurs, peut-être vous racontera-t-il, entre deux gorgées, son réveil, le matin même, au côté d'une jolie fille de passage : "Elle riait. Sa poitrine tressautait dans son déshabillé. J'ai remarqué le noeud celtique [noeud de trèfle, symbole de l'Irlande mais aussi de l'Eglise catholique] qu'elle portait tatoué sur le sein gauche. Je me suis demandé si je pourrais remettre le couvert, mais j'ai décidé de m'abstenir." Normal. Il est protestant. Encore trop compliqué de frayer avec une catholique...
Geek, Stuart Neville l'a longtemps été. Il fut pendant dix ans webdesigner . Un cador même dans le data business, selon la rumeur. Auparavant, après avoir étudié la musique à l'université, ce fan de Led Zeppelin, AC/DC et Van Halen, enseigna quelque temps la guitare, tout en jouant dans des groupes de rock. Il possède encore deux Gibson et deux Fender. Il fut ensuite vendeur dans un magasin d'instruments de musique.
Il écrivait depuis l'enfance. Des tentatives. Quelques pages. Quelques chapitres. Il y a cinq ou six ans, il décida qu'il fallait s'y mettre sérieusement. Après avoir lu James Ellroy, son héros question roman noir : "J'adore la façon dont il traite les caractères de ses personnages. Ce ne sont pas des gens très reluisants et pourtant on éprouve de l'empathie à leur égard. Ellroy ne porte jamais de jugement sur eux." Le geek habillé comme un geek du vendredi soir se mua donc en auteur de polars pour raconter l'envers du décor de son pays. L'Irlande du Nord.
Son premier ...
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