Strict encadrement des ventes de médicaments sur internet

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LES VENTES DE MÉDICAMENTS SUR INTERNET STRICTEMENT ENCADRÉES
LES VENTES DE MÉDICAMENTS SUR INTERNET STRICTEMENT ENCADRÉES

PARIS (Reuters) - L'arrêté relatif la vente en ligne de certains médicaments confirme la volonté du gouvernement d'encadrer strictement ce nouveau canal de distribution afin notamment de lutter contre la contrefaçon.

L'arrêté, publié dimanche au Journal Officiel, prévoit que seuls les sites adossés à des pharmacies physiques auront le droit de vendre des médicaments sur la toile. En outre, seuls les médicaments vendus sans ordonnance pourront être mis en ligne, soit environ 4.000 médicaments.

L'arrêté, qui entrera en vigueur le 12 juillet, interdit les forums de discussion sur le site internet. En revanche, il stipule que celui-ci est conçu de façon à ce "qu'aucun médicament ne puisse être vendu sans qu'un échange interactif pertinent ne soit rendu possible avant la validation de la commande".

En outre, le pharmacien devra répondre à toutes les questions complémentaires que pourrait poser le patient.

Cette volonté d'encadrement rigoureux du système était partagé par le Leem, le représentant des entreprises du médicament, qui a brandi une étude de l'Organisation mondiale de la santé révélant que plus de 50% des médicaments achetés sur des sites internet étaient des produits de contrefaçon.

De leur côté, les pharmaciens ont exprimé beaucoup de méfiance pour ce nouveau canal de distribution craignant qu'il conduise à une remise en cause de leur monopole et, à terme, à la vente de médicaments non remboursés (OTC) dans les supermarchés.

Dans un tel contexte, les analystes estiment que le marché français n'atteindra sans doute pas les 3% que pèse son voisin allemand, principal marché en ligne en Europe depuis son lancement en 2004.

Par ailleurs, il est peu probable que l'e-pharmacie tire les prix du médicament vers le bas car les coûts élevés du canal Internet risquent de n'être supportables que pour une trentaine de grandes officines seulement. Et encore devront-elles capter l'intérêt de consommateurs, ce qui n'est pas gagné.

Un sondage d'Ipsos confirmant des enquêtes antérieures de LH2 et Viavoice montre le peu d'engouement des Français pour l'e-pharmacie. Seuls 11% envisagent d'y recourir alors que 80% d'entres eux ont internet et que 77% de ces internautes ont déjà faits des achats en ligne par ailleurs. Leurs craintes portent avant tout sur la qualité des produits voire leur contrefaçon.

Aucune brèche n'est donc encore réellement ouverte dans le monopole des 21.939 officines françaises qui ont encore de beaux jours devant eux dans un pays où nul ne se trouve à plus de quinze minutes de son pharmacien.

Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

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