STRATEGIE-Pas de grande rotation en vue mais de la volatilité-Fidelity

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    PARIS, 30 novembre (Reuters) - L'élection de Donald Trump 
aux Etats-Unis ne marque pas un tournant pour les marchés 
obligataires et il ne faut pas s'attendre à une grande rotation 
des produits de taux vers les actions même si la récente tension 
sur les rendements des emprunts d'Etat a ravivé les spéculations 
sur une telle perspective, prévient le responsable de la gestion 
obligataire de Fidelity.  
     
    ** "A court terme, les taux à long terme seront orientés à 
la hausse avec le recentrage de la politique économique 
américaine sur l'expansion budgétaire et le redressement des 
anticipations inflationnistes aux Etats-Unis", a déclaré Charles 
McKenzie, qui supervise la gestion des 72 milliards d'euros 
d'actifs obligataires de la société de gestion, historiquement 
spécialisée dans les actions.  
     
    ** Trois tendances de long terme qui ont maintenu les 
rendements à un niveau bas au cours des dix dernières années 
restent d'actualité, selon Fidelity, qui présentait mercredi ses 
perspectives d'investissement 2017 : 
    l'atonie persistante de la croissance économique mondiale 
liée à la faiblesse des gains de productivité, le vieillissement 
démographique qui se traduit par une abondance d'épargne, et 
surtout l'ampleur de l'endettement à l'échelle mondiale qui fait 
que la question est moins de savoir jusqu'où les taux grimperont 
mais plutôt jusqu'à quand l'économie mondiale pourrait résister 
à une hausse prolongée de taux.  
     
    ** S'il s'attend à une hausse des taux directeurs de la Fed 
en décembre et à deux relèvements en 2017, Charles McKenzie 
prévoit que les politiques monétaires resteront très 
accommodantes au sein de la zone euro et au Japon.  
    Concernant la Banque centrale européenne, il s'attend à ce 
qu'elle annonce jeudi prochain un prolongement de ses achats 
d'actifs au-delà de mars 2017 sans en réduire le montant. Il 
n'exclut pas que Mario Draghi soit poussé à se montrer encore 
plus accommodant en cas du victoire du "non" au référendum 
constitutionnel italien de dimanche.  
     
    ** L'incertitude politique liée à un agenda électoral chargé 
en Europe en 2017 et ses conséquences sur les orientations de 
politique économique se traduiront par une augmentation de la 
volatilité sur les marchés de taux, prévient Charles McKenzie.  
     
    ** Alors que la faiblesse des rendements des emprunts d'Etat 
devrait conduire les investisseurs à rester à l'écart en 2017, 
il privilégie le crédit, et en particulier le segment des 
obligations d'entreprise en catégorie d'investissement dont le 
supplément de rémunération offre une protection contre la 
remontée des taux. Les titres à haut rendement "restent 
attractifs du point de vue du portage." 
     
    ** Charles McKenzie recommande la prudence concernant la 
dette émergente, pénalisée par les anticipations de remontée des 
taux aux Etats-Unis et l'appréciation du dollar.  
       
 
 (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez) 
 
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