STRATEGIE 2016-Large consensus en faveur des actions de la zone euro

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    * Croissance faible, taux bas, liquidités mondiales 
surabondantes 
    * La BCE et la BoJ à la manoeuvre pour contrer la déflation 
    * Emprunts d'Etat de la périphérie de la zone euro et crédit 
corporate privilégiés 
 
    par Raoul Sachs 
    PARIS, 18 décembre (Reuters) - Croissance faible, taux 
d'intérêt très bas, politiques monétaires divergentes dans les 
pays développés, très accommodantes en zone euro et au Japon, 
encore accommodante aux Etats-Unis: ce scénario 2016 fait 
largement consensus parmi les investisseurs et les 
intermédiaires financiers. 
    Ils privilégient en conséquence les actifs risqués des pays 
développés, actions d'abord, et parmi elles celles de la zone 
euro soutenues par la montée attendue du dollar contre la 
monnaie unique (passée sous 1,09 dollar  EUR= ) après le 
relèvement jeudi, largement anticipé, du taux des fed funds de 
0% à 0,25% pour la première fois en 10 ans. 
    Comme attendu, la présidente de la Fed a assorti la décision 
de propos insistant sur le resserrement très graduel de sa 
politique monétaire.  
    Cela renforce les convictions sur le solide potentiel de 
hausse des actions de la zone euro en 2016 tant en termes de 
valorisation que de dividende. 
    Autre point de consensus: éviter pour l'instant les actifs 
émergents, qui souffrent depuis mai 2013 quand la Fed avait 
annoncé la réduction progressive, en vue d'un arrêt en octobre 
2014, de sa politique d'assouplissement quantitatif (QE) via des 
achats massifs d'obligations. 
    Large convergence sur la Chine aussi, dont l'économie va 
continuer à ralentir à un rythme compris entre +6,0% et +6,8% 
mais sans "atterrissage en catastrophe". 
    Groupama Asset Management partage ce point de vue sur les 
émergents et préfère les actions et le crédit en zone euro. La 
société de gestion table sur une progression du CAC 40  .FCHI  à 
5.200 points fin 2016 contre 4.700 environ en cette fin d'année. 
     
    LE BARIL A 60 DOLLARS ? 
    Allianz Global Investors craint la montée des risques 
géopolitiques et estime que l'environnement sera marqué par une 
croissance mondiale "bien plus fragile" en 2016. Il juge donc 
que les investisseurs n'auront "guère d'autre choix" que de 
prendre des risques parmi les différentes classes d'actifs pour 
espérer réaliser du rendement. 
    Dans ce concert peu enthousiaste sur l'état de l'économie 
mondiale, des petites dissonances se font entendre. 
    Ainsi, la compagnie d'assurance AG2R La Mondiale prévoit une 
accélération modérée de la croissance mondiale (3,2% contre 2,6% 
en 2015) fondée sur une hypothèse "centrale": la remontée du 
prix du pétrole et sa stabilisation autour de 60 dollars le 
baril pour le Brent contre environ 37 dollars actuellement 
 LCOc1 . 
    Hypothèse "fragile", admet Philippe Brossard, son chef 
économiste, du fait, dit-il, "de la double instabilité des 
comportements géostratégiques et des anticipations de marché". 
Selon lui, les actions et l'immobilier offriront des rendements 
nettement supérieurs aux obligations, avec un CAC 40 à 5.600 
points fin 2016. "Il va se passer de nombreuses années en zone 
euro avant qu'on voit les taux à long terme dépasser 2%." 
    Société générale s'attend aussi à un rebond du pétrole à 60 
dollars le baril. "Cela devrait soutenir le secteur pétrolier 
tout en ne pesant pas sur les résultats des entreprises des 
autres secteurs", estime Roland Kaloyan, son responsable de la 
stratégie actions européennes. 
    La hausse du brut aura un impact positif sur les indices 
boursiers, dans lesquels les valeurs pétrolières "pèsent lourd", 
ajoute-t-il. 
     
    SÉLECTIVITÉ 
     "C'est excessif de parler d'un cycle de resserrement 
monétaire. Les actions des autres banques centrales nous 
paraissent au moins aussi importantes que le geste éphémère que 
fera la Fed", disait le 8 décembre Pascal Blanqué, responsable 
de l'investissement d'Amundi Group. 
    La Banque centrale européenne, la Banque du Japon ou la 
Banque populaire de Chine veilleront à barrer la route à la 
déflation, estiment gérants et analystes. 
    "Sélectivité" et "approche d'investissement active", tels 
sont donc les mots d'ordre pour 2016, qui s'annonce plus 
volatile que 2015 sur fond de détérioration rampante de la 
liquidité des marchés.  
    Sur le compartiment obligataire, les emprunts d'Etat des 
pays du 'noyau dur' de la zone euro dont les rendements sont 
nuls sont sous-pondérés au profit de ceux des pays 
'périphériques' et des obligations d'entreprises (crédit 
corporate), avec une sélectivité forte pour le haut rendement ou 
les hybrides financières. 
    Malgré un engouement pour les actions, l'intérêt pour les 
émissions bien notées, entre "AAA" et "BBB-" (Investment Grade, 
IG), ne s'est pas démenti en 2015 avec 245,8 milliards d'euros 
émis par les entreprises non financières au 11 décembre, contre 
224 milliards pour l'année 2014 et un record de 251,5 milliards 
en 2009, selon SG. 
    En 2015, les émetteurs américains, dont Coca Cola  KO.N , 
ont détrôné les français sur le marché primaire IG avec 23,4% 
des volumes émis, les français prenant la deuxième place avec 
15,9%. 
    Le haut rendement (HY, noté sous "BBB-") a été fermé cet 
été. Mais la volatilité aidant, les investisseurs sont plus 
exigeants et demandent des primes plus élevées. Selon SG, 
quelque 66,8 milliards d'euros ont été émis au 11 décembre sur 
ce segment, contre 76,8 milliards en 2014, année record. 
       
    * LE POINT sur la gestion d'actifs en France  FUND/FR  
 
 (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Joseph Sotinel, édité par 
Dominique Rodriguez) 
 

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