Strasbourg: rassemblement de surveillants de prison contre les agressions

le , mis à jour à 11:13
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Lors de déplacements à l'intérieur de la prison de Strasbourg, des détenus se croisent alors qu'ils n'ont en principe pas le droit de communiquer entre eux ( AFP/Archives / Thierry Zoccolan )
Lors de déplacements à l'intérieur de la prison de Strasbourg, des détenus se croisent alors qu'ils n'ont en principe pas le droit de communiquer entre eux ( AFP/Archives / Thierry Zoccolan )

Environ 70 surveillants pénitentiaires se sont rassemblés lundi matin devant la maison d'arrêt de Strasbourg pour protester contre les agressions, le manque de personnel et la surpopulation, a constaté une journaliste de l'AFP.

Seuls des surveillants en repos ou en congé participaient au rassemblement, à l'appel des syndicats SPS, FO et UFAP, leur statut ne leur permettant pas de faire grève.

Les surveillants ont placé des barrières de pneus sur la route menant à l'établissement afin d'empêcher tout mouvement de véhicule, extraction de détenu ou livraison.

La directrice de l'établissement, Catherine Christophe, a toutefois souligné que cette action ne devait pas entraîner de blocage des mouvements de prisonniers. "L'action judiciaire aura lieu, une obstruction de la justice ne doit pas s'opérer", a-t-elle insisté.

"En prison, personne ne nous entendra crier" et "Notre quotidien: insultes, agressions, tuberculose, punaises, cafards, souris et non-reconnaissance", pouvait-on lire sur des écriteaux et banderoles accrochés à l'entrée de la maison d'arrêt.

Pour Fabrice Meder, secrétaire général Grand Est du syndicat SPS, "la population pénale est de plus en plus vindicative". "Des détenus nous sont envoyés parce qu'ils sont ingérables ailleurs: en maison d'arrêt, on a tous les profils", explique-t-il, pointant un taux d’occupation de 165% dans celle de Strasbourg.

"On organise de plus en plus d'activités pour les détenus mais sans nous donner les moyens humains", a déploré Philippe Steiner, délégué adjoint de l'UFAP. De ce fait, lors de déplacements à l'intérieur de la prison, des détenus se croisent alors qu'ils n'ont en principe pas le droit de communiquer entre eux, a-t-il expliqué.

"On a des détenus radicalisés qui sont mélangés avec les autres, bientôt on aura des prêches à la promenade", s'est-il également inquiété.

Parmi les revendications des surveillants figurent le transfert systématique d'un détenu vers un autre établissement après une agression et une meilleure sécurisation des abords de la prison. Ils regrettent également le manque de onze agents dans l'établissement.

Les surveillants espéraient recevoir la visite en début d'après-midi d'un membre du cabinet de Jean-Jacques Urvoas, alors que le Garde de Sceaux est en visite lundi dans la capitale alsacienne. Le gouvernement a annoncé début octobre un plan visant notamment à lutter contre la surpopulation carcérale, avec la création de 33 nouveaux établissements dans les dix ans.

Fin octobre, une trentaine de surveillants du centre pénitentiaire de Metz-Queuleu avait déjà manifesté après l'agression au couteau de l'un d'entre eux par un détenu, demandant des effectifs supplémentaires.

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