Strasbourg mise sur la gourmandise pour attirer les cerveaux

le
0
Un centre de recherche alsacien vient d'ouvrir une brasserie et un hôtel haut de gamme attenant à ses locaux pour attirer chirurgiens et experts internationaux sur place.

On peut être à la pointe de la recherche médicale et sensible aux plaisirs d'une bonne table. Depuis des années, Jacques Marescaux, directeur de l'Institut de recherche sur les cancers de l'appareil digestif (Ircad) à Strasbourg avait des visées sur les haras de sa ville, désaffectés depuis 2005, et situés à côté de son centre médical. Son idée? Créer sur place un hôtel et un restaurant haut de gamme pour y recevoir les formateurs dispensant des cours sur place ainsi que les chirurgiens venant s'y former. L'Ircad a déjà réalisé quelques premières médicales mondiales, il ne lui manquait qu'une petite touche de glamour.

Et depuis le début du mois, ce rêve a pris forme. Au terme de 25 millions d'euros de travaux de rénovation, l'ensemble sobrement baptisé Les Haras Strasbourg vient d'ouvrir au public. L'hôtel 4 étoiles de 55 chambres et la brasserie de 160 couverts ont été confiés à des professionnels reconnus: Marc Haeberlin, chef triplement étoilé de l'Auberge de l'Ill pour la restauration, et Jean-Pascal Scharf pour l'hôtellerie, déjà à la tête de trois belles adresses strasbourgeoises.

Accueillir 4000 chirurgiens

«Il va y avoir, dans les années à venir, une grosse compétition internationale dans les centres de formation de chirurgie dans les nouvelles technologies, estime Jacques Marescaux. Mais personne ne peut proposer, en plus du côté scientifique, un lieu aussi magique que les haras de Strasbourg.» Comme cela se fait déjà aux États-Unis ou au Japon, les 4000 chirurgiens du monde entier venant se former à la télé-chirurgie ou à la robotique médicale pourront loger et se restaurer sur place. Une affluence qui assure déjà près de la moitié du remplissage annuel de l'hôtel sachant que sa situation centrale devrait lui attirer sans souci une clientèle non médicale.

Par ailleurs les locaux de ces haras revisités accueillent également un «biocluster», une pépinière d'entreprises où s'installeront d'ici la fin de l'année une quinzaine de start-up innovantes spécialisées dans les dispositifs médicaux. Envisageant déjà le succès de cette initiative, la ville de Strasbourg a préempté des terrains attenant en vue d'une éventuelle extension.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant