«Stop Pub»: encore des tonnes de prospectus dans nos boîtes aux lettres

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INFOGRAPHIE - Plus de 20 milliards d'imprimés publicitaires non adressés sont distribués chaque année en France, alors qu'un consommateur sur trois se dit réfractaire à ce type de démarchage. Pourtant jugé efficace, l'autocollant «Stop Pub» reste peu apposé sur nos boîtes aux lettres.

Plus de 20 milliards de prospectus et autres catalogues sont distribués dans nos boîtes aux lettres tous les ans, selon Adrexo, leader du marché de la diffusion d'imprimés publicitaires avec Mediapost (La Poste). Ce qui représente 40 kilos par foyer ou 17 kilos par habitant. Or, la plupart de ces papiers finissent à la poubelle sans très souvent même être lus. «Le taux moyen de lecture des prospectus est de 13%», confirme Matthias Berahya-Lazarus, président de Bonial, une société qui permet de consulter des catalogues et prospectus sur Internet.

«La publicité non adressée n'atteint pas une grande partie des foyers», explique le spécialiste. «L'accès aux boîtes aux lettres dans les immeubles, dans les grandes villes, est très aléatoire. Dans les zones rurales, certaines habitations sont situées dans des endroits isolés ou difficiles d'accès.» Au final, 37% des Français recevraient des publicités moins d'une fois par semaine, dont 9% jamais, selon un récent sondage OpinionWay-Bonial. «D'autre part, on observe une réaction très nette de rejet à l'égard d'un format de publicité ressenti comme intrusif», ajoute Matthias Berahya-Lazarus. Selon ce sondage, un Français sur trois (32%) est allergique aux prospectus. «Les consommateurs, notamment dans les villes, sont très exposés à la publicité dans la rue ou les transports et aujourd'hui, avec les nouvelles technologies, beaucoup s'informent différemment.»

Certains font le choix d'apposer un autocollant «Stop Pub» sur leur boîte aux lettres pour signaler leur refus des prospectus et catalogues. Si 52% des Parisiens en ont collé un ou souhaitent le faire, à l'échelle nationale, seuls 18% des Français l'ont adopté. Créé en 2004 par le ministère de l'Écologie, le dispositif «Stop Pub» a connu un succès immédiat: en 2007, près de 7 millions d'exemplaires de l'autocollant «officiel» - édité par le ministère et distribué par les collectivités - avaient été diffusés.  À partir de 2008, l'État s'est peu à peu désengagé du dispositif, laissant aux mairies et aux particuliers le soin de les imprimer et fabriquer eux-mêmes via une planche téléchargeable sur son site.

Un désengagement que déplore l'UFC-Que Choisir, pour qui l'autocollant «Stop Pub» s'avère un «rempart» très efficace contre «cette déferlante publicitaire». Selon une enquête menée par l'association l'an dernier, «l'apposer sur sa boîte aux lettres permet de diminuer de 83 % le nombre de prospectus reçus, qui chute de 72 à 12 sur un mois». D'après Matthias Berahya-Lazarus, en effet, «les distributeurs respectent plutôt bien ce dispositif, car ils n'ont aucun intérêt financier à cibler des consommateurs réfractaires». En Allemagne, où 30 milliards de prospectus sont distribués chaque année, les distributeurs risquent des sanctions très fortes pour non-respect de la volonté des consommateurs de ne pas recevoir de publicités.

Réduire le nombre global de prospectus est d'autant plus urgent, selon l'UFC-Que Choisir, que «les imprimés non adressés représentent un réel coût pour les consommateurs». Ces derniers «s'acquittent de 231 millions d'euros par an pour le traitement des déchets papier».

L'autocollant «Stop Pub» est aussi un marché

Pour pallier le manque d'offre, la société Stoppub.fr commercialise depuis 2009 sur Internet un autocollant «Stop Pub» personnalisable à des tarifs allant de 0,30 euro l'unité à 1100 euros les 20.000 exemplaires, pour les municipalités par exemple. «Le coût de fabrication de 1000 autocollants chez un imprimeur de proximité est d'environ 1000 euros, un budget peu adapté aux contraintes des collectivités, d'où notre idée de proposer une solution clé en main», souligne Alexandre Poumaere, fondateur de Stoppub.fr. À ce jour, l'entreprise a distribué plus de 250.000 autocollants (dont certains gratuitement à l'occasion de campagnes nationales contre les déchets ou sur le développement durable).

Pour obtenir un autocollant, vous pouvez également vous tourner vers certaines associations qui les offrent, comme Je protège ma planète. France Nature Environnement en propose également en vente par lots de 500 à 10.000 exemplaires (de 80 à 1000 euros). À noter, enfin, que vous pouvez tout à fait coller sur votre boîte aux lettres un «Stop Pub» écrit sur une feuille blanche. Il est censé être respecté de la même manière!

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