Stoltenberg se veut rassurant sur Trump et sur la Russie

le , mis à jour à 18:50
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Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg , le 18 novembre 2016 à Bruxelles ( AFP / EMMANUEL DUNAND )
Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg , le 18 novembre 2016 à Bruxelles ( AFP / EMMANUEL DUNAND )

Jens Stoltenberg a réaffirmé sa pleine confiance dans le respect par Donald Trump de l'engagement américain dans l'Otan, se voulant aussi rassurant sur une convergence de vues avec lui à propos de la Russie de Vladimir Poutine, dans un entretien avec l'AFP vendredi à Bruxelles.

"Je suis absolument confiant sur le fait que le président élu Trump maintiendra l'engagement fort de l'Amérique en faveur de la sécurité européenne et de l'Otan", a répété le secrétaire général de l'Alliance atlantique.

"C'est dans l'intérêt à la fois de l'Europe et des Etats-Unis", a-t-il ajouté, parlant de deux blocs aux destins étroitement liés après "deux Guerres mondiales et une Guerre froide".

"Je suis impatient de travailler avec le président élu Trump et de l'accueillir ici à Bruxelles lors du sommet de l'Otan de l'an prochain", a aussi dit l'ex-Premier ministre norvégien.

Il a jugé "complètement compréhensible" que le futur président réclame un engagement financier supplémentaire des Européens dans l'Otan, un discours déjà tenu par Barack Obama, a-t-il rappelé.

La question épineuses du niveau des dépenses militaires des alliés a d'ailleurs été abordée entre MM. Stoltenberg et Trump dès leur premier entretien téléphonique vendredi après-midi. "Une bonne discussion", a résumé le premier.

Le chef de l'Otan a assuré que ce sujet était sa "première priorité" depuis sa prise de fonctions en 2014.

Seuls cinq des 28 membres de l'Otan (Etats-Unis, Royaume-Uni, Pologne, Grèce, Estonie) dépensent en matière de défense l'équivalent de 2% au moins de leur PIB, le seuil souhaité par l'Alliance.

Donald Trump avait semé l'inquiétude pendant sa campagne électorale en laissant entendre que Washington pourrait réfléchir à deux fois avant de venir en aide à un allié en danger qui n'aurait pas mis de moyens au pot commun - alors que les Etats-Unis assurent plus des deux tiers des dépenses militaires de l'Otan.

Une telle attitude remettrait en cause le principe de la défense collective (l'article 5), qui est au coeur du traité fondateur de l'Alliance.

M. Stoltenberg a réaffirmé que "la seule fois où l'on a invoqué cet article 5 (...) c'était après une attaque contre les Etats-Unis", le 11 septembre 2001, déclenchant l'intervention de l'Otan en Afghanistan.

- 'Ne pas isoler la Russie' -

A propos de la Russie, jugée menaçante par ses voisins, qui craignent donc un Donald Trump trop bien intentionnée à son égard, Jens Stoltenberg s'est aussi voulu rassurant.

Jeudi Barack Obama avait appelé Donald Trump à "tenir tête" à la Russie, résumant les craintes de bon nombre d'alliés.

"J'ai entendu qu'il (M. Trump) avait transmis le message qu'il souhaitait également dialoguer avec les Russes", a observé de son côté le chef de l'Otan, soulignant que cette volonté de dialogue était partagée par l'Alliance atlantique malgré la tension actuelle.

"La Russie est notre plus grand voisin, elle est là pour rester. Nous ne pouvons absolument pas isoler la Russie, donc nous devons nous efforcer d'avoir une relation plus constructive avec elle", a-t-il plaidé.

Cette relation, a-t-il toutefois nuancé, doit être fondée sur le respect de "principes fondamentaux" comme le maintien de l'intégralité territoriale de l'Ukraine.

La relation entre les Occidentaux et la Russie s'est sensiblement tendue depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014.

Et l'Otan a décidé en juillet à Varsovie de renforcer ses moyens militaires sur son flanc Est comme jamais depuis la fin de la Guerre froide.

Quatre bataillons d'environ un millier d'hommes chacun doivent être déployés à partir de début 2017 en Pologne, Lituanie, Estonie et Lettonie.

Le 14 novembre, six jours après son élection à la Maison Blanche, Donald Trump avait eu son premier entretien téléphonique avec le président Poutine.

Il a exprimé son souhait de nouer des "relations fortes et durables avec la Russie et avec le peuple russe", d'après son équipe, tandis que le Kremlin a évoqué une volonté commune de "normaliser" les relations en Moscou et Washington.

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