STMicroelectronics se désengage de sa coentreprise ST-Ericsson

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par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - STMicroelectronics a annoncé lundi qu'il se désengageait de sa coentreprise en difficulté ST-Ericsson pour se concentrer sur ses activités profitables dans le cadre d'un plan stratégique prévoyant également une nouvelle réduction de ses dépenses de fonctionnement.

Le premier fabricant européen de semi-conducteurs a donné peu de précisions sur les modalités de son retrait de la coentreprise qu'il détient à parité avec le suédois Ericsson. Ce retrait doit être effectif après une période de transition censée s'achever au troisième trimestre 2013.

"C'est un changement important dans notre stratégie. Notre portefeuille d'activités sera beaucoup plus resserré. Nous voulons être moins vulnérables aux cycles du marché", a déclaré le président de STMicroelectronics Carlo Bozotti, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

STMicroelectronics pâtit depuis plusieurs trimestres des difficultés de sa coentreprise spécialisée dans les puces électroniques pour la téléphonie sans fil.

La société, qui n'a jamais dégagé de bénéfices depuis sa création en 2009, souffre des déboires de Nokia, son principal client.

Après un remaniement de la direction, un plan de restructuration avait été annoncé en avril prévoyant un transfert d'activités à STMicroelectronics et la suppression de 1.700 emplois. Cela n'a pas empêché ST-Ericsson d'accuser une nouvelle perte opérationnelle ajustée de 148 millions de dollars (115 millions d'euros) au troisième trimestre.

Les deux actionnaires de la JV avaient annoncé en octobre avoir mandaté un conseil extérieur en vue d'étudier différentes options stratégiques pour leur coentreprise.

"En scindant la société entre ses activités analogues à faible consommation de capital, au niveau élevé de cash flow et aux marges solides de leur coentreprise déficitaire dans le mobile, nous pensons que STM va probablement bénéficier d'un changement d'appréciation positif", soulignent les analystes de Bank of America Merrill Lynch dans une note.

Ces derniers ont relevé de neutre à achat leur recommandation sur le titre, avec un objectif de cours porté à 6,25 euros.

A 11h56, le titre STMicroelectronics avance de 1,74% à 5,087 euros à la Bourse de Paris, en tête des hausses de l'indice CAC 40, qui cède 0,75%. Ericsson abandonne de son côté 0,39% à Stockholm.

NOMBREUSES QUESTIONS EN SUSPENS

Ericsson a déclaré pour sa part avoir engagé des discussions sur l'actionnariat de la coentreprise à la suite de l'annonce du retrait de son partenaire franco-italien, tout en restant flou sur ses propres intentions.

Contacté par Reuters, un porte-parole a déclaré que le groupe ne souhaitait pas spéculer sur le choix qui sera fait concernant sa coentreprise à l'issue des discussions.

Selon les analystes de Bank of America Merrill Lynch, trois scénarios sont envisageables : une vente à un acteur tiers - qu'ils jugent peu probable au vu des pertes de la société -, une fermeture qui se traduirait par 1,5 milliard de dollars de coûts de restructuration ou une revente des parts de STM à son partenaire suédois.

Carlo Bozotti a refusé d'évoquer les options actuellement à l'étude comme les conséquences en termes d'emploi de la restructuration annoncée. Basé à Genève, ST-Ericsson emploie 5.000 personnes dans le monde, dont un millier en France.

Dans le cadre de son plan stratégique, STMicroelectronics a également annoncé qu'il prévoyait de réduire ses dépenses d'exploitation dans une fourchette comprise entre 600 et 650 millions de dollars par trimestre, contre environ 900 millions aujourd'hui, d'ici début 2014.

Le groupe, qui avait déjà annoncé en octobre un plan d'économies de 150 millions de dollars à horizon fin 2013, se donne pour objectif d'atteindre une marge d'exploitation d'au moins 10%.

La société qui fabrique des puces pour l'automobile, les ordinateurs ou encore les téléphones, prévoit par ailleurs de réorganiser son activité autour de deux segments de produits : l'un dédié aux produits "Sense & Power" et à l'automobile, et l'autre aux solutions de traitement embarquées.

"Dans le cadre de son nouveau modèle financier, la société table sur la rentabilité de ces deux segments de produits et sur leur capacité à générer des liquidités", indique-t-elle dans son communiqué.

Avec Leila Abboud et Niklas Pollard, édité par Dominique Rodriguez

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