STMicroelectronics se désengage de sa coentreprise ST-Ericsson

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PARIS (Reuters) - STMicroelectronics a annoncé lundi qu'il prévoyait de se désengager de sa coentreprise en difficulté ST-Ericsson dans le cadre d'un nouveau plan stratégique qui doit lui permettre d'atteindre une marge d'exploitation d'au moins 10%.

Le premier fabricant européen de semi-conducteurs précise que son retrait de la coentreprise qu'il détient à parité avec le suédois Ericsson s'effectuera après une période de transition censée s'achever au troisième trimestre 2013.

"Nous continuerons à soutenir ST-Ericsson en tant que partenaire de sa chaîne logistique, partenaire pour les technologies de fabrication avancées et fournisseur de propriété intellectuelle pour les processeurs d'application", déclare le président de STMicroelectronics, Carlo Bozotti, dans un communiqué.

L'autre propriétaire de la coentreprise, Ericsson, a déclaré de son côté avoir engagé des discussions sur l'actionnariat de la JV à la suite de l'annonce du retrait de son partenaire franco-italien, tout en restant flou sur ses propres intentions.

"Ericsson annonce aujourd'hui qu'il va continuer à travailler en partenariat avec STMicroelectronics pour trouver une solution adaptée pour les deux sociétés", précise la société dans un communiqué.

Contacté par Reuters, un porte-parole a déclaré que le groupe ne souhaitait pas spéculer sur le choix qui sera fait concernant sa coentreprise à l'issue des discussions.

L'action de STMicroelectronics a ouvert sur un bond de 6,36% à 5,318 euros à la Bourse de Paris alors que le CAC 40 cédait 0,44% dans le même temps. Le titre d'Ericsson reculait de son côté de 0,9%.

STMicroelectronics pâtit depuis plusieurs trimestres des difficultés de sa coentreprise spécialisée dans les puces électroniques pour la téléphonie sans fil, plombée par les difficultés de Nokia, son principal client.

Un plan de restructuration avait été annoncé en avril au sein de la JV prévoyant notamment le transfert de certaines de ses activités à STMicroelectronics ainsi que la suppression de 1.700 emplois.

RÉORGANISATION DES ACTIVITÉS

La société a cependant enregistré une nouvelle perte opérationnelle ajustée de 148 millions de dollars au troisième trimestre, qui a toutefois été divisée par deux par rapport aux trois premiers mois de 2012 (297 millions).

Les deux actionnaires de la JV avaient annoncé début octobre avoir mandaté un conseil extérieur en vue d'étudier différentes options stratégiques pour leur coentreprise.

Créée en février 2009, ST-Ericsson, dont le siège est basé à Genève, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,7 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros).

Dans un communiqué, son dirigeant Didier Lamouche a seulement indiqué que l'entreprise entendait poursuivre la nouvelle stratégie arrêtée en avril dernier et continuer "la relation industrielle et technologique" avec ses deux maisons-mères.

Dans le cadre de son plan stratégique, STMicroelectronics, qui fabrique des puces pour l'automobile, les ordinateurs ou encore les téléphones, prévoit par ailleurs de réorganiser son activité autour de deux segments de produits : l'un dédié aux produits "Sense & Power" et à l'automobile et l'autre aux solutions de traitement embarquées.

"Dans le cadre de son nouveau modèle financier, la société table sur la rentabilité de ces deux segments de produits et sur leur capacité à générer des liquidités", indique le communiqué.

Elle compte également réduire ses dépenses d'exploitation dans une fourchette comprise entre 600 et 650 millions de dollars (entre 465 et 504 millions d'euros) par trimestre d'ici début 2014 en vue d'atteindre une marge d'exploitation d'au moins 10%.

Gwénaëlle Barzic, avec la contribution de Niklas Pollard, édité par Jean-Michel Bélot

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