Steve Missilier : " un grand bonheur "

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Steve Missilier : " un grand bonheur "
Steve Missilier : " un grand bonheur "

Steve Missillier, quel bilan tirez-vous des Jeux de Sotchi ?Je ne peux en tirer qu'un bon bilan, forcément. Une médaille, tout le monde en rêve, c'était espéré, mais de là à le faire? Avoir réussi la course qu'il faut, c'est un grand bonheur.Vous étiez un peu la médaille inattendue, vous vous y attendiez quand même ?Je savais que j'en étais capable, mais je sais que le problème de mon ski est la régularité. Mes résultats en géant étaient catastrophiques avant les Jeux. J'ai vu que certaines choses n'allaient pas, j'ai notamment changé de matériel et je suis arrivé sur la course des Jeux avec d'autres bases de travail. J'étais content de ce matériel et ça a bien marché.Est-ce que vous pensez que « d'avancer masqué » ait pu être un avantage ? Il y avait peut être un peu moins de pression sur vous ?Oui, je pense que ça aide. Alexis Pinturault et Thomas Fanara avaient tous les deux fait des podiums cette année, j'étais le quatrième dans la bande des géantistes. Si je n'avais pas ramené de médaille, ça aurait été normal, et maintenant que j'en ai une, c'est un exploit.Comment avez-vous ressenti les critiques de la presse à propos du niveau du ski alpin français pendant ces Jeux ?On avait vécu un peu la même situation à Vancouver où le ski alpin était toujours sans médaille avant les épreuves techniques, là je l'avais assez mal vécu. Alors qu'à Sotchi, je n'ai pas ressenti la même chose, il y eu moins de pression de la part des journalistes.  

« Décaler Hirscher à la quatrième place, ce n'est pas rien »

Pensez-vous que cette pression ait pu être ressentie différemment par certains autres skieurs ?Oui, forcément par ceux qui sont le plus exposés. Je pense notamment à Alexis Pinturault qui sortait de trois saisons énormes en Coupe du monde. Il est arrivé sur le géant avec la pression de sa course ratée en combiné. Donc je pense que gagner une médaille sur le géant lui a fait un bien fou.Parlons du géant, vous êtes dixième à l'issue de la 1ere manche, vous réalisez une deuxième manche parfaite. A quel moment vous sentez que ça peut vous sourire ?J'étais déjà super content après la première manche. Souvent en Coupe du monde, quand je pars avec un bon dossard, je ne fais pas une bonne course. Là, c'était différent. Après la première manche, nous étions dix ou quinze à pouvoir monter sur le podium. Je savais donc que la seule chose à faire dans la deuxième manche était d'y aller à fond.Diriez-vous que vous avez réalisé « LA » manche de votre vie ?J'avais déjà gagné des manches de Coupe du monde comme cette année à Sölden notamment où je finis quatrième. Je ne sais pas si c'est la plus belle au niveau du ski, mais en tout cas c'est celle qui tombe le mieux. C'est sur qu'être devant Hirscher ou Alexis, alors que nous sommes partis dans les mêmes dossards, c'est quelque chose. Avec eux deux, plus Ligety, le podium semblait bouclé, mais décaler Hirscher à la quatrième place, ce n'est pas rien.Alexis Pinturault termine 3eme, ça devait être génial de se retrouver sur le podium avec votre coéquipier et ami ?C'est sur que c'est génial. C'est notre leader, et qu'il soit ainsi récompensé après tout le travail qu'il a fourni, c'est super. On a les mêmes skis, le même technicien, ça récompense aussi les coachs qui travaillent à fond pour le groupe. On était annoncé comme la grande nation du géant, en densité, c'était donc important de répondre présent pour cette course et de libérer le ski alpin.

« En slalom, le podium est beau, mais la course l'était moins »

C'est un sport individuel, mais quand on vous voit tous les deux sur le podium, on sent un esprit collectif?Forcément, on s?entraîne toute l'année ensemble. Je pense que c'est aussi grâce à nos coéquipiers d'entraînement que l'on progresse.Parlons du slalom, cette épreuve n'a réussi à aucun Français. Vous, vous sortez dès la première manche?J'avais peut être encore la tête un peu ailleurs, mais j'étais concentré. Dès le début, je ne pars pas dans de bonnes dispositions et je sors un peu bêtement. Ce n'était pas une grosse course pour moi. Mais j'étais moins déçu quand j'ai vu la deuxième manche. C'était une course très compliquée. Le podium est beau, mais la course l'était moins.Vous pensez au tracé lorsque vous dites cela ?Je ne suis pas contre ce genre de tracé, mais c'est vrai que ça gâche un peu le spectacle. En plus on ne se fait pas forcément plaisir, mais le plus important reste le spectacle, et celui offert à cause du tracé de la deuxième manche n'en était pas un beau. Même pour la promotion du ski alpin auprès du grand public, voir les meilleurs skieurs du monde tomber les uns après les autres, ce n'est pas la meilleure des publicités.Trouvez-vous les critiques à l'égard d'Ante Kostelic (auteur du tracé de la 2eme manche, ndlr) justifiées ?On peut le critiquer, c'est vrai qu'il a tracé la manche de slalom du super combiné et la deuxième manche de l'épreuve de slalom, mais c'est le hasard et il est resté dans le règlement de la FIS. Il a fait un tracé pour son fils Ivica, c'est un choix tactique qui se comprend. Maintenant, je ne pense pas que ça serve à grand-chose de le critiquer. En plus, il a l'habitude.Dernière question, sur votre avenir sportif. Une médaille, ça change pas mal de choses. Sur le plan sportif, il y a plus de pression et plus de médiatisation. Comment pensez-vous gérer ça ?Je n'ai pas vraiment d'idée, je vais déjà bien finir la saison, il me reste quatre courses. Essayer de finir avec un bon classement pour mieux réattaquer l'année prochaine. Après, les sponsors, si ils veulent venir, ils viendront mais je ne fais rien dans cette optique. J'étais bien avant la médaille donc j'espère qu'elle ne viendra pas tout chambouler.

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