Stephen Brun peine à prendre conscience du titre de champion de France de Pro A de Nanterre

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Stephen Brun peine à prendre conscience du titre de champion de France de Pro A de Nanterre
Stephen Brun peine à prendre conscience du titre de champion de France de Pro A de Nanterre

Stephen Brun, vous jouez à Nanterre, l'un des plus petits budgets de Pro A, votre salaire va-t-il avec ?Oui, je ne suis pas très bien payé (rires). Je touche 6 000 euros par mois. Le plus gros salaire en France, c'est 24 000 euros par mois (Blake Schilb, Chalon sur Saône) et le salaire moyen, c'est 5 700 euros par mois. En comparaison, Tony Parker, c'est 11 000 000 millions de dollars par saison.

Votre titre de champion, est-ce l'un des plus grands exploits du sport collectif ?Oui parce que c'est inattendu. Cela ne fait que deux ans que nous sommes dans l'élite. La première saison en Pro A, on fait dixième, ce qui est déjà énorme. Cette saison, on arrache la qualification en play-offs en terminant huitième, donc on joue contre le premier de la saison régulière. On gagne 2-0 et après on joue Chalon, qui est champion de France en titre, et on gagne encore 2-0. Après Strasbourg, au meilleur des cinq, et on gagne 3-1 ! Je crois que c'est inespéré. Personne n'a mis une pièce sur nous.

Et vous, les joueurs, au sein de l'équipe, est-ce que vous croyiez à ce titre ?On n'a jamais parlé d'être champion de France, même pendant les play-offs, quand on a passé les quarts de finale ou les demi-finales. Même dans un coin de notre tête, on n'a jamais pensé à soulever le trophée de champion de France. On n'a jamais prononcé le mot champion de France. Pour nous, c'est juste inimaginable.

La chance du débutant et la place d'outsider vous ont souri en somme ?La position d'outsider nous a vraiment réussi. On était aussi en finale de la Coupe de France cette année face à Paris-Levallois, et on était annoncé favori. On l'a perdu cette finale... C'est vrai que pendant la saison, on a été capable de faire des exploits, donc les équipes nous craignaient. Il n'y a aucune équipe qui nous a pris de haut.

Dans quelle mesure le budget en basket influe-t-il sur les résultats ?C'est pour cela que le championnat cette année a été très homogène et que des équipes du bas de tableau ont pu battre des équipes du haut de tableau. Il n'y a pas une énorme différence entre les plus gros budgets et les plus petits budgets. Il y a d'autres championnats où ça se passe différemment. En Russie par exemple, où le CSKA Moscou a 20 ou 30 millions de plus que ses adversaires et où il archi-domine le championnat. C'est ce qui fait un petit peu défaut au basket français actuellement : il manque une locomotive, un ou deux clubs avec beaucoup d'argent qui prennent le pouvoir en Pro A et qui tirent les autres équipes vers le haut.

« J'aimerais bien rester, continuer l'aventure »

Dans votre contrat, y avait-il une prime de champion ?Non, il n'y avait pas de prime de champion. Quand j'ai signé à Nanterre, je pensais me battre tous les samedi pour avoir le quota de victoires nécessaire pour se maintenir. On est en train de faire un petit briefing avec les joueurs pour une prime et on va bientôt appeler « Jeannot » (ndlr : Donnadieu, président de Nanterre). Je pense qu'il ne va pas tarder à recevoir un coup de fil du capitaine. C'est de bonne guerre.

Allez-vous rester à Nanterre la saison prochaine ?Je suis en fin de contrat, moi j'aimerais bien rester, continuer l'aventure. Surtout pour jouer la plus grande des compétitions européennes qui est l'Euroligue. J'espère que la JSF Nanterre va faire les efforts pour conserver cette ossature et ce groupe, et va renforcer l'effectif avec deux ou trois joueurs pour nous permettre de bien figurer dans cette compétition.

Est-ce qu'il y a un risque que l'équipe se fasse piller ?Le risque existe mais ça fait partie du business. Dans l'équipe, il n'y a pas beaucoup de mercenaires. On qualifie souvent les joueurs américains de mercenaires qui vont là où il y a les dollars. Cette année, il n'y en a pas. David Lighty fonctionne beaucoup à l'affectif et je pense que ce titre va nous aider à le garder.

Que pensez-vous de l'idée d'un PSG Basket ?Je suis plutôt favorable à ça. Comme je l'ai précédemment dit, il faut une locomotive en France. Paris, qui est la capitale, a besoin d'un grand club et a surtout besoin d'un grand club qui brille en Europe pour valoriser le basket français. Si les Qataris ont envie d'apporter leurs dollars alors je suis très favorable.

Propos recueillis par Philippe Vandel avec B.R

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