Stéphane Le Diraison : " Cette aventure a l'air incroyable "

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Stéphane Le Diraison : " Cette aventure a l'air incroyable "
Stéphane Le Diraison : " Cette aventure a l'air incroyable "

Alors qu'il sera au départ de son premier Vendée Globe en novembre prochain, le marin français Stéphane Le Diraison (39 ans) nous explique qu'il s'apprête à réaliser son rêve.

Stéphane Le Diraison, vous allez participer à votre premier Vendée Globe. Pourquoi ?
Oui, je vais découvrir cette épreuve. Pour moi, c’est une longue histoire, c’est presque une trajectoire de vie. J’ai tout orienté depuis que je suis adolescent avec l’objectif de faire ce tour du monde. Je suis très à l’aise sur un bateau en solitaire. J’ai la particularité d’avoir commencé le solitaire très jeune. Ensuite, j’ai fait des parcours de plus en plus long et c’est vrai que pour un marin solitaire, le Vendée Globe, c’est un aboutissement. Mon objectif c’est d’aller au fond de cette passion, de ce rêve, me mettre au défi de réaliser un challenge complètement fou.

Petit, vous pensiez déjà le faire ?
J’y ai pensé très tôt parce qu’à Lorient, il y avait Alain Gautier, Hervé Laurent notamment. Ce sont des marins qui ont disputé cette course avant moi et que j’ai regardé avec beaucoup d’envie, de rêve. C’est assez compliqué à expliquer parce qu’au fond de moi, je me disais que j’y serais, alors qu’à 15 ans ça paraissait complètement délirant de le penser. Cependant, j’avais comme quelque chose d’écrit au fond de moi qui me disait que je devais le faire. Parce que pour moi cette aventure a l’air incroyable, il fallait que je la vive.

Que représente pour vous cette compétition ?
C’est un tout. Je suis un compétiteur. Quand je suis sur un bateau, j’aime essayer de donner le meilleur, du bateau et de moi-même. Le Vendée Globe, c’est une dimension en plus. On l’a bien entendu avec tous les témoignages de marins aussi chevronnés que Vincent Riou ou Jean Le Cam. Il ne suffit pas d’y être. Déjà, y être, ce n’est pas simple mais il faut aussi et d’abord le terminer. Cela veut dire que c’est une force qui intègre une notion d’endurance et donc de gestion. Cette dimension-là, on ne peut la connaitre véritablement qu’en allant se frotter à l’épreuve. Je pense que ça va être une grosse découverte de savoir si, en tant que compétiteur, j’attaque ou si je tente de suivre le rythme devant, si je gère… C’est une expérience qui va être très riche.

Pourquoi avoir choisi l’ancien bateau Hugo Boss d’Alex Thomson (abandon en 2008-2009 avec Thomson et en 2012-2013 avec le Polonais Gutkowski) ?
Pour moi, ce bateau-là est une vraie aubaine. Cela faisait six mois que je cherchais des bateaux et je ne trouvais pas ce qui me correspondait. Ce bateau me va bien d’abord parce qu’il est construit par un duo d’architectes que j’apprécie (ndlr : Finot-Conq) ; j’ai déjà eu des bateaux dessinés par leurs soins. Ensuite parce que c’est un peu un bateau qui est dans la continuité de ce que j’avais. C’est un bateau assez solide. Je trouvais que pour une première expérience, cela faisait sens. Et cela fait sens toujours d’avoir un bateau fiable. Je travaille beaucoup sur cet axe. Je pense avoir beaucoup de chance d’avoir trouvé ce bateau.

« J’ai déjà franchi le seuil pour pouvoir prétendre à être au départ »

Au niveau des partenaires, où en êtes-vous ?
Ce qui est étonnant c’est qu’en général on peut imaginer qu’on lance ce projet avec un gros partenaire et après on complète avec des partenaires techniques ou autres. Dans mon cas, c’est dans la continuité des partenaires que j’avais eus sur la Route du Rhum et en Class40 avec, donc, des budgets biens moindres. Des partenaires qui n’avaient pas forcément la dimension pour me suivre sur un projet comme celui-là mais c’est grâce à eux que c’est parti. Et puis, chemin faisant, j’ai grossi la liste pour arriver à sept partenaires aujourd’hui. La particularité c’est que je suis inscrit, j’ai le bateau, des partenaires, une bonne partie du budget même s’il m’en manque un peu.

Le budget est-il le même pour tous les concurrents ?
Les budgets sont vraiment très différents suivant les expériences et les objectifs. Pour les plus grosses équipes, ça avoisine les huit-dix millions d’euros. Pour les plus modestes, en dessous du million. En ce qui me concerne, l’objectif est à 1,5 million, et là j’ai réussi à atteindre à peu près le million. Ça veut dire que j’ai déjà franchi le seuil pour pouvoir prétendre à être au départ mais il faut compléter parce que c’est le budget qui sert essentiellement à l’achat de voiles, au fonctionnement des équipes, donc on sait très bien que pour être dans de très bonnes conditions de course, il faut avoir ce budget de fonctionnement.

Quelles sont les conditions sine qua non pour démarrer la course ?
Pour être inscrit officiellement, il faut remplir un dossier que l’organisation rend volontairement compliqué et très dense. L’idée, c’est d’avoir uniquement des projets sérieux, structurés, avec des marins qui ont déjà avancé dans leur projet. Quand vous avez franchi cette étape, c’est un vrai bonheur et il reste un jalon, c’est la course qualificative (ndlr : parcourir un certain nombre de milles en solitaire). Je ne me mets pas la pression sur cet événement parce qu’il y a plusieurs possibilités dans la saison et de toute façon, même si cela ne m’était pas imposé par la course, j’aurais fait une transat de préparation l’année du Vendée Globe. Je trouve tout ça cohérent, c’est une logique de préparation.

Quel est votre programme ?
Le programme est de finir le chantier, de mettre le bateau à l’eau à peu près mi-mars. Je dois m’entraîner en parallèle cet hiver avec une préparation physique. Puis très vite refaire des mises au point et amener le bateau à New-York. Et puis on sera déjà l’été avec les préparatifs finaux et ça va aller très vite.

Alexandre Ravet

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