Stéphane Corsaletti (Neuflize OBC Investissements) : « Il y a une fenêtre d'opportunités sur les marchés »

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Le deuxième trimestre devrait rester favorable aux marchés actions en attendant l'inévitable resserrement monétaire estime Stéphane Corsaletti, président du directoire de Neuflize OBC Investissements.

Le Cac 40 semble naviguer sans direction sur fond de regain de tension autour de la dette grecque et d'affaire Goldman Sachs. Doit-on redouter une rechute des marchés ou bien rester confiant?

Stéphane Corsaletti : Nous considérons qu'il existe actuellement une fenêtre d'opportunités. Si les marchés ont surmonté les craintes d'une rechute de la conjoncture, ils ne sont pas encore tétanisés par le raidissement de la politique monétaire (relèvement des taux) et budgétaire des Etats. Cette période favorable de sortie de crise en attendant le relèvement des taux ne durera probablement pas toute l'année et devrait culminer au deuxième trimestre.

C'est-à-dire maintenant. Quelle est en conséquence votre allocation d'actifs ?

S.C : Nous sommes légèrement surpondérés sur les marchés actions. Au sein d'un portefeuille équilibré, nous conseillons d'avoir 55 à 60% d'actions, le reste étant réparti équitablement entre les obligations et des placements monétaires. Nous privilégions les obligations corporate au détriment des obligations d'Etat. Pour ces dernières, nous favorisons les titres de courte échéance (3 à 5 ans). Nous pensons également que les obligations convertibles représentent actuellement le meilleur compromis possible entre les deux principales classes d'actifs.

Et au niveau géographique ?

S.C : En début d'année, nous étions très présents sur les Etats-Unis et le Japon. Nous opérons maintenant un rééquilibrage en faveur des marchés de la zone euro qui ont accusé un certain retard et des valorisations plus attractives dès lors que les inquiétudes sur la Grèce commencent à s'apaiser.

Est-ce vraiment le cas ? La zone euro est-elle tirée d'affaire selon vous ?

S.C : Les annonces récentes devraient permettre de calmer le jeu car personne n'a intérêt à abandonner la Grèce et envisager un éclatement de la zone euro. A moyen terme en revanche, il faudra bien trouver un rééquilibrage des économies européennes. L'Allemagne devra réorienter sa croissance vers sa demande intérieure et certains pays périphériques devront mettre en place des plans crédibles de réductions des déficits.

Quelles thématiques sont susceptibles de faire la différence au second trimestre ?

S.C : Pour capter la croissance des émergents, nous préférons investir sur les sociétés bien exposées à ces marchés comme Danone ou Schneider plutôt que directement sur les Bourses de ces pays qui nous semblent trop fortement valorisées. Nous privilégions également le caractère défensif des valeurs de rendement (France Télécom, Vivendi etc.) dans un contexte où les anticipations d'inflation pourraient s'accroître.

Propos recueillis par Julien Gautier

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