Statut et coups de Blues

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Statut et coups de Blues
Statut et coups de Blues

Cette semaine, Kevin De Bruyne s'est plaint de son statut lors de son passage à Chelsea : s'il a joué trop peu, c'est parce qu'il aurait coûté trop peu, à savoir 8 millions d'euros. Et ce n'est pas le premier. Si le talent est déjà un élément très discriminatoire dans le football, de nombreux joueurs (et entraîneurs) avancent que leur faible temps de jeu est dû à "une question de statut", reposant sur des données à la fois financières et humaines. Si De Bruyne avait coûté 40 millions d'euros, soit autant qu'Eden Hazard, se serait-il imposé pour autant ?

Dans le Larousse, un statut est "une situation de fait, une position par rapport à la société". Dans le football, il s'agit d'une sorte de grade au sein du vestiaire, qui trouve son reflet dans l'ensemble du monde du ballon rond. Et d'après le meneur belge Kevin De Bruyne, aujourd'hui flamboyant à Wolfsburg, le statut d'un joueur de Chelsea sous José Mourinho dépend de son prix d'achat. Aux micros de Sky Sports, De Bruyne est revenu sur sa courte expérience londonienne : "Chelsea n'a pas été le meilleur choix dans ma carrière. Être un joueur de Chelsea, c'est entrer dans un autre monde. José Mourinho ne m'a jamais expliqué pourquoi il ne me faisait pas jouer plus souvent. Peut-être que les choses auraient été différentes si Chelsea avait payé 45 millions d'euros pour me recruter, plutôt que 8 millions d'euros. Un transfert plus élevé m'aurait peut-être permis d'avoir un statut différent au sein du club."

Effectivement, dans tout vestiaire, et peut-être encore plus dans les grands clubs – mais peut-être moins, les clubs semi-professionnels en savent quelque chose – la bataille "sociale" du statut est extrêmement difficile. Une guéguerre pour onze places à partager entre près de vingt-cinq joueurs, ayant tous des âges, talents, salaires, ambitions et besoins différents, dépendant plus ou moins du jugement d'un seul homme. Cette bataille, profondément humaine, et donc animale, parfois primaire mais toujours nécessaire, est forcément dictée par des facteurs variés. Parce que savoir s'imposer dans un vingt mètres carrés de carrelage, crampons et eau glacée n'est pas donné à tout le monde, indépendamment du talent de chacun. Les plus forts survivent. Les autres craquent, perdent leur appétit pour les duels et ne deviennent plus une option valable aux yeux de leurs entraîneurs. Le combat, ils ne le perdent pas tous sur le terrain, mais c'est tout comme. Ce combat, De Bruyne l'a peut-être perdu en acceptant cette indemnité de transfert à huit millions d'euros. Mais peut-être pas.
"Je partais défavorisé parce que je n'avais pas de statut"
Le Belge n'est pas le premier à se plaindre de cette question de statut à Chelsea. À l'occasion d'un entretien donné à So Foot Junior en 2014, Salomon Kalou revenait sur son épopée londonienne. Lui aussi était arrivé jeune, à 21 ans, et pour 9 millions de livres sterling :...




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