Statu quo probable de la BCE face à une reprise qui s'installe

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LA BCE NE DEVRAIT PAS MODIFIER SES TAUX, ALORS QUE LA REPRISE S'INSTALLE
LA BCE NE DEVRAIT PAS MODIFIER SES TAUX, ALORS QUE LA REPRISE S'INSTALLE

par Sumanta Dey

(Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) semble devoir observer le statu quo pendant encore un bon moment dans la mesure où la reprise semble s'installer dans la zone euro et où l'inflation ne peut sans doute pas tomber plus bas, montre une enquête Reuters publiée vendredi.

Ils sont ainsi 40 sur 52 économistes interrogés à penser que l'inflation ne retombera plus à 0,5%, niveau touché en mars, voire plus bas, dans un avenir proche.

Ainsi, la BCE ne fera rien sur les taux lors de sa réunion de jeudi prochain mais pour autant, la moitié environ des professionnels interrogés anticipent un coup de pouce monétaire de sa part à l'avenir, soit par le biais d'une baisse des taux soir par l'achat pur et simple d'actifs.

Pour l'heure l'inflation est l'un des gros soucis de la BCE. Elle a fixé pour elle un objectif d'un petit peu moins de 2%. L'inflation réelle de la zone euro a légèrement augmenté en avril, à 0,7%, un taux insuffisant pour écarter tout risque de déflation.

La vigueur de l'euro, qui se négocie actuellement non loin de 1,40 dollar, est aussi un sujet de préoccupation de la banque centrale car elle limite sévèrement l'inflation importée. De fait, la plupart des experts disent que la barre de 1,40 dollar susciterait sans doute une réaction de sa part si elle était franchie.

Les indices manufacturiers PMI publiés ce vendredi ont montré que tous les pays membres de la zone euro ont vu leur secteur industriel croître en avril, une première depuis novembre 2007.

"Pour l'heure, la BCE joue la montre; elle reste persuadée que l'inflation augmentera, au moins un peu, avec le temps", dit Kristian Tödtmann (DekaBank).

Il semble évident que la BCE préférerait ne pas abaisser les taux si rien ne l'y oblige et quant à ses discussions relatives à un assouplissement quantitatif, il est peu probable qu'elles débouchent rapidement sur des décisions fermes.

"La BCE n'a guère envie d'employer dans la zone euro des outils de politique monétaire qui n'ont pas été éprouvées (...) Je pense que (le président de la BCE Mario) Draghi est ses collègues seront bien contents s'ils se tirent de cette situation sans avoir pris des mesures énergiques", ajoute Tödtmann.

L'enquête donne une probabilité faible, soit 28%, de voir la BCE lancer un programme d'assouplissement quantitatif (QE). Si elle le mettait tout de même en oeuvre, ce serait après les tests de résistance et examens de la qualité des actifs des banques de la zone euro, pense une majorité des économistes interrogés.

"En l'absence de catalyseur concret, la BCE devra garder la même tonalité", écrit Christel Aranda-Hassel (Crédit Suisse). "Même si un euro en hausse venait la (BCE) prendre au mot, la réaction première serait plutôt conventionnelle, soit une nouvelle baisse des taux et sans doute un taux des dépôts négatif plutôt qu'un QE".

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • M4328752 le samedi 3 mai 2014 à 11:33

    Attention, les élections approchent, tout est bon pour se faire réélire quitte à mentir.

  • dupon666 le vendredi 2 mai 2014 à 18:12

    la reprise de quoi exactement?

  • JUFRABRE le vendredi 2 mai 2014 à 18:05

    quel bla bla pour ne rien dire !!

  • europe78 le vendredi 2 mai 2014 à 17:48

    'statu quo' résume parfaitement l'action de la BCE depuis la crise de l'euro. A quand l'action ?

  • fbordach le vendredi 2 mai 2014 à 17:43

    La reprise? Ou ça? Surement pas en France...

  • AND.KOTE le vendredi 2 mai 2014 à 17:08

    Quelqun y avait cru?