Statu quo prévu à la BCE, des indices attendus pour 2013

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LA BCE NE DEVRAIT PAS TOUCHER AUX TAUX CE JEUDI
LA BCE NE DEVRAIT PAS TOUCHER AUX TAUX CE JEUDI

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) ne touchera sans doute pas aux taux jeudi, à l'issue de sa réunion mensuelle de politique monétaire, mais elle pourrait donner des indices sur ce que sera cette même politique l'an prochain.

L'Eurosystème publiera en outre ses premières projections économiques de 2014 et les économistes pensent que celles de 2013 seront revues en baisse, comme l'avait fait la Commission européenne en novembre pour les siennes.

Une enquête Reuters du mois dernier montrait que très peu d'économistes pensaient que la BCE mettrait à profit sa dernière réunion de l'année pour abaisser encore son taux de refinancement, actuellement à un plus bas record de 0,75%.

Ils étaient par ailleurs très partagés sur l'éventualité d'une baisse des taux au début de 2013.

Le Conseil des gouverneurs discutera également du dernier accord conclu par les bailleurs de fonds internationaux avec la Grèce, censé ramener sa dette à un niveau plus soutenable.

Cet accord et l'engagement ferme pris par la BCE pour préserver l'euro ont quelque peu calmé les choses pour des pays de la zone euro tels que l'Espagne et l'Italie.

Le président de la BCE Mario Draghi s'est engagé à racheter les obligations de pays en difficulté sans limite de quantité a priori, pour autant que ces pays aient sollicité une aide des fonds de sauvetage européens au préalable.

D'ici là, les économistes pensent que les taux directeurs de l'institut d'émission ne bougeront pas, même si la situation économique de la zone euro n'est pas particulièrement brillante.

La BCE "ne jouera sans doute pas les Père Noël en décembre", dit Jürgen Michels (Citi). "La BCE ne veut pas réduire encore la pression du marché car cela impliquerait sans doute que l'Espagne repousserait d'autant sa demande d'aide".

RECONDUCTION GRECQUE

La contribution de la BCE aux dernières initiatives de sauvetage de la Grèce sera sans doute l'un des sujets brûlants de l'ordre du jour de la banque centrale.

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu la semaine dernière de restituer à Athènes les bénéfices reçus par l'intermédiaire des banques centrales nationales et tirés des obligations rachetées par la BCE via son Programme pour les marchés de titres (SMP), réduisant ainsi la dette grecque de 11 milliards d'euros.

Une source de la BCE a dit à Reuters que le conseil des gouverneurs évoquerait également l'éventualité d'une reconduction de la dette grecque détenue par certaines banques centrales dans leurs portefeuilles d'investissement.

Un document apparu lors de la réunion de l'Eurogroupe de la semaine passée montre que cela épargnerait ainsi à la Grèce 3,7 milliards d'euros de remboursements sur la période 2012-2014 et 1,9 milliard sur la période 2015-2016.

Prié de dire si la question serait discutée jeudi, la source a répondu: "Tout à fait".

La Grèce elle-même a dévoilé lundi les modalités d'un plan de rachat d'obligations d'Etat de 10 milliards d'euros destiné à réduire l'encours de sa dette publique en profitant de la baisse de la valeur des titres.

Même s'il appartient à chaque banque centrale nationale de décider de refinancer ou pas la dette grecque arrivant à échéance avec du nouveau papier, le conseil des gouverneurs fixera sans doute jeudi une ligne commune, a encore dit la source.

La BCE, qui s'est abstenue de tout commentaire, devra en tous les cas user de mots choisis pour présenter la chose et éviter de donner l'impression que les banques centrales financent directement les Etats, ce que le droit européen prohibe.

TAUX REFI ET TAUX DES DÉPÔTS

Draghi avait laissé entendre le mois dernier qu'il y aurait une révision à la baisse des projections de l'Eurosystème et a dit la semaine dernière que les difficultés économiques liées à la dette de la zone euro risquaient de s'étendre à l'an prochain.

La crise de la dette a plongé la zone euro dans sa deuxième récession, au troisième trimestre, depuis 2009 et les statistiques ne laissent guère d'espoir de redressement. Le secteur manufacturier s'est contracté pour le 16e mois d'affilée en novembre, quoique de manière un peu moins soutenue qu'en octobre.

L'inflation de la zone euro est tombée à 2,2% en novembre, se rapprochant de l'objectif de la BCE (un peu moins de 2%), amenant certains économistes à anticiper une baisse des taux d'un quart de point d'ici la fin du premier trimestre 2013.

Richard Barwell, économiste de Royal Bank of Scotland, ne voit aucun intérêt à réduire le taux de refinancement sans faire de même du taux des dépôts, actuellement nul.

Cela impliquerait que la BCE facturerait des frais aux banques pour accueillir leurs dépôts, un moyen de les pousser à prêter davantage et à thésauriser moins.

Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs, n'a pas exclu une telle éventualité cette semaine, tout en précisant que la question n'était pas d'actualité.

Il est enfin vraisemblable que la BCE prolonge son mécanisme d'allocations de fonds illimitées aux banques de la zone euro, lors de ses opérations de refinancement, lequel doit arriver à son terme le 15 janvier.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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