Statu quo dans la bande de Gaza, malgré les menaces de Tsahal

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STATU QUO DANS LA BANDE DE GAZA
STATU QUO DANS LA BANDE DE GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - L'armée israélienne a, semble-t-il, renoncé lundi à intensifier son offensive dans la bande de Gaza, sans toutefois se plier aux appels à la trêve occidentaux, auxquels le Hamas reste sourd lui aussi.

Tsahal avait ordonné dimanche aux habitants de Beït Lahiya, dans le nord de l'enclave palestinienne, de quitter les lieux dans la perspective de raids aériens d'envergure contre les sites, dissimulés parmi les habitations civiles, d'où les mouvements armés tireraient leurs roquettes.

Selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), un quart des 70.000 habitants de la ville ont obtempéré pour échapper aux bombardements, qui ont fait au moins 166 morts depuis mardi, selon l'administration gazaouie.

Un raid aérien qui n'a pas fait de victime a bien été mené dans une zone rurale aux abords de Beït Lahyia, mais le calme régnait aux premières heures de lundi. Côté israélien, on signale un tir de roquette également sans conséquences en provenance de la bande de Gaza.

Selon le décompte de l'armée israélienne, les mouvements armés de l'enclave ont procédé à plus de 940 tirs au cours de la semaine écoulée. S'ils n'ont provoqué aucun décès, notamment en raison du dispositif antimissile "Dôme de fer", ils continuent à envoyer régulièrement des milliers d'Israéliens aux abris et paralysent les localités du sud de l'Etat hébreu.

L'armée a rappelé 20.000 réservistes dans l'optique d'une éventuelle opération terrestre pour les faire cesser.

Interrogé sur le report des raids annoncés, un membre de l'état-major a déclaré sans plus de précision que la situation était en cours d'évaluation.

La radio militaire parle, elle, de "signes clairs" montrant que les mouvements armés cherchent l'apaisement, sans toutefois citer de sources.

Par la voix du secrétaire d'Etat John Kerry, les Etats-Unis ont à nouveau proposé dimanche leur médiation, tout comme la France et l'Allemagne, dont le ministre des Affaires étrangères est attendu ce lundi dans la région.

OUVERTURES

Ni Washington ni les Européens ne sont toutefois prêts à négocier avec le Hamas, qu'ils considèrent comme un mouvement terroriste, et, en l'absence d'intermédiaires locaux, leurs efforts ont peu de chances d'aboutir.

En 2012, la précédent offensive israélienne dans la bande de Gaza s'est achevée après une médiation de l'Egypte, alors gouvernée par des Frères musulmans, proches du Mouvement de la résistance islamique, que l'armée a depuis évincés. Le Caire est aujourd'hui à couteaux tirés avec le Hamas, soupçonné de collusion avec les groupes armés du Sinaï.

L'organisation palestinienne fait toutefois état d'ouvertures américaines relayées par le Qatar ou par Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. La Turquie a également proposé d'intervenir, selon la presse israélienne.

John Kerry s'est entretenu dimanche avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais les services de ce dernier se sont refusés à révéler la nature de leur conversation. "Il n'est pas question de considérer telle ou telle proposition", a assuré un membre du gouvernement ayant requis l'anonymat.

L'Etat hébreu, a-t-il poursuivi, va pour le moment poursuivre son offensive "pour ramener le calme en infligeant des dégâts significatifs au Hamas et aux autres organisations terroristes de la bande de Gaza".

"Netanyahu a commencé cette guerre folle, c'est à lui d'y mettre fin", a de son côté affirmé Izzat al Rechik, membre du Hamas, sur l'antenne d'Al Arabiya.

"Il ne peut y avoir de cessez-le-feu tant que les conditions de la résistance n'auront pas été remplies", a-t-il poursuivi, réclamant la levée du blocus de la bande de Gaza et la remise en liberté des Palestiniens arrêtés dans le cadre des recherches des trois jeunes israéliens disparus le 12 juin en Cisjordanie. La découverte de leurs corps, quelques jours plus tard, est à l'origine de la reprise des hostilités.

Sur les 166 morts recensés par le "ministère" gazaoui de la Santé, 138 sont des civils et 30 enfants figurent parmi eux.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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