Statu quo attendu à la Fed mais une hausse toujours d'actualité

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LA FED POURRAIT GARDER LE STATU QUO LA SEMAINE PROCHAINE
LA FED POURRAIT GARDER LE STATU QUO LA SEMAINE PROCHAINE

par Jonathan Spicer et Ann Saphir

NEW YORK/SAN FRANCISCO (Reuters) - Il est probable que la Réserve fédérale (Fed) observera le statu quo la semaine prochaine mais elle pourrait modifier son diagnostic de la conjoncture économique de manière à préparer le terrain à de nouvelles hausses des taux.

Nombre de responsables de la banque centrale ont encore bien présent à l'esprit la tempête qui a agité les places boursières mondiales en début d'année et les statistiques économiques américaines médiocres du premier trimestre.

C'est pourquoi, le Comité de politique monétaire (Fomc) attendra peut-être d'avoir des signes plus manifestes de hausse de l'inflation et de la croissance avant de relancer le processus de remontée progressive des taux d'intérêt à des niveaux jugés plus normaux.

De ce point de vue, si l'économie américaine crée de l'emploi et si les prix de détail y augmentent, des ventes au détail et un commerce extérieur en retrait, sans compter les soucis afférents à la croissance de la Chine, sont autant d'éléments susceptibles de conforter la présidente Janet Yellen dans son attitude prudente.

De fait, les marchés prédisent le statu quo à l'issue de la réunion des 26 et 27 avril et n'évaluent qu'à 20% la probabilité d'une hausse des taux lors de la prochaine réunion, celle des 14 et 15 juin.

"Je ne crois pas qu'elle puisse lancer une hausse en juin sans déclencher une nouvelle vague d'instabilité. Elle ne veut pas de ça car la déroute de janvier et de février a laissé des traces en profondeur", observe Aneta Markowska (Société Générale, New York).

DU "DÉJÀ VU" POUR LA FED

La Réserve fédérale a lancé en décembre dernier le cycle de resserrement monétaire, relevant ses taux directeurs pour la première fois depuis 2006 et concrétisant ainsi ce qu'elle avait laissé entendre deux mois auparavant, à un moment où la Bourse s'était remise d'un sévère coup de bambou et où les craintes d'un ralentissement économique de la Chine s'étaient atténuées.

En bref, des conditions à peu près identiques à celles prévalant ce mois-ci: après deux mois de turbulences, l'indice S&P-500 a regagné dans les 15% en deux mois également et la Chine a connu une croissance de 6,7% au premier trimestre.

Mais cela risque d'être insuffisant cette fois-ci pour autoriser les responsables de la Fed, qui ont toujours en ligne de mire une hausse des taux en juin, à se montrer aussi volontaristes dans leurs propos qu'en octobre dernier dans la mesure où l'inflation semble loin d'atteindre l'objectif de 2% de la banque centrale.

Pour amener des traders sceptiques à changer de point de vue sans ébranler les marchés, l'institut d'émission pourrait mettre en avant l'amélioration récente de la situation financière, avec des valorisations boursières près de leur niveau record et un dollar affaibli.

La Fed pourrait aussi atténuer quelque peu, voire retirer totalement, des propos tenus en mars, lorsqu'elle déclarait que les évolutions économiques et financières mondiales continuaient d'être source de risques.

Il lui serait enfin loisible de redéfinir l'incertitude entourant ses prévisions en déclarant que les risques sont dorénavant plus équilibrés.

Ce faisant, Janet Yellen pourrait ultérieurement tirer parti d'un prochain discours pour ne laisser subsister aucun doute sur les intentions de la Fed en juin.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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