StanChart veut un accord complet avec les autorités américaines

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APRÈS L?ACCORD AVEC L?ÉTAT DE NEW YORK, STANCHART VEUT FAIRE DE MÊME AVEC LES AUTORITÉS AMÉRICAINES
APRÈS L?ACCORD AVEC L?ÉTAT DE NEW YORK, STANCHART VEUT FAIRE DE MÊME AVEC LES AUTORITÉS AMÉRICAINES

par Matt Scuffham et Sinead Cruise

LONDRES (Reuters) - Standard Chartered veut aboutir à un accord avec d'autres autorités américaines après avoir convenu mardi de débourser 340 millions de dollars (276 millions d'euros) pour mettre fin aux poursuites du département des services financiers (DFS) de l'Etat de New York dans une affaire de transactions occultes présumées avec l'Iran.

Le directeur général de la banque britannique Peter Sands, qui a interrompu la semaine dernière ses vacances au Canada pour piloter le dossier, a décidé de rester aux Etats-Unis pendant qu'une délégation de Standard Chartered discute avec d'autres instances afin d'aboutir à un accord collectif, susceptible de lever toutes les incertitudes.

"Des négociations se poursuivent avec d'autres agences (...) On peut partir du principe qu'il y aura désormais un accord collectif", a dit un porte-parole de la banque, sans toutefois donner de calendrier au processus en cours.

Standard Chartered fait toujours l'objet d'enquêtes distinctes engagées par le département américain au Trésor, la Réserve fédérale, le département de la Justice et le procureur général de Manhattan.

Mais, signe du soulagement des investisseurs après ce premier accord conclu avec l'Etat de New York, le titre a terminé la séance de mercredi en hausse de 4,12% à 14,29 livres alors que l'indice regroupant les valeurs bancaires européennes a pris 0,12%.

À ce niveau, la valorisation boursière de Standard Chartered reste toutefois inférieure d'environ 8% à ce qu'elle était avant les accusations portées contre la banque le 6 août par Benjamin Lawsky, directeur du département des services financiers de l'Etat de New York.

Ce dernier avait alors affirmé que Standard Chartered avait camouflé des transactions liées à l'Iran pour un total de 250 milliards de dollars, qualifiant au passage la banque "d'établissement voyou".

Peter Sands avait jugé ces allégations "disproportionnées", estimant que les sommes incriminées étaient inférieures à 14 millions de dollars, mais cela n'avait pas empêché le titre de décrocher de 30% dans les 24 heures qui suivirent.

SOULAGEMENT ET PRUDENCE À LA FOIS

"Je pense que Standard Chartered a voulu conclure un accord amiable parce que le cours de son action s'est trouvé déstabilisé", a commenté l'un des 30 principaux investisseurs de la banque. "Jusqu'alors, je suppose qu'ils pensaient avoir de bonnes raisons sur le plan juridique de refuser un accord de, disons, moins de 200 millions de dollars, sur la base d'autres affaires similaires par le passé."

L'accord amiable avec l'Etat de New York est survenu après une semaine de tensions transatlantiques et à la veille d'une audition à haut risque pour Standard Chartered, menacé de se voir retirer sa licence bancaire à New York.

L'injonction du régulateur new-yorkais avait provoqué la surprise et la colère des autorités fédérales américaines, qui enquêtaient depuis plus de deux ans sur les agissements de la banque et négociaient déjà à l'amiable avec elle.

L'affaire a également pris une dimension politique et certains parlementaires britanniques y ont vu une manoeuvre des Etats-Unis pour ébranler la place financière londonienne.

Les investisseurs ont trouvé un certain soulagement dans l'accord amiable, mais certains d'entre eux redoutent "l'autre moitié de l'amende" que pourrait devoir payer la banque pour mettre fin aux autres poursuites des autorités américaines.

Standard & Poor's a estimé que l'amende de 340 millions de dollars convenue avec l'Etat de New York affecterait la rentabilité de la banque en 2012 mais ne serait "pas assez importante pour affaiblir de manière significative sa capitalisation".

Moody's a de son côté salué le règlement négocié comme une "évolution positive" mais a dit rester vigilante en raison des enquêtes toujours en cours sur la qualité des contrôles de la banque en matière de blanchiment de capitaux.

Benoit Van Overstraeten et Natalie Huet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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