Stallergènes envisage des acquisitions en 2013

le
0

par Noëlle Mennella et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - Stallergènes espère réaliser dès 2013 des acquisitions ciblées afin d'accélérer son expansion internationale, a déclaré à Reuters son directeur général, Roberto Gradnik.

Le laboratoire spécialisé dans le traitement des allergies vise plus particulièrement les "marchés prometteurs" de l'Argentine et du Brésil mais Stallergènes veut aussi se renforcer sur des territoires, comme l'Allemagne, où il estime ne pas être assez fort, voire entrer dans des pays tels que les Etats-Unis.

"L'expansion internationale est une priorité. On veut l'accélérer au maximum", a affirmé le directeur général. Stallergènes "discute toujours avec beaucoup de partenaires ou de cibles potentielles", dit-il en espérant que son groupe puisse en faire l'annonce dès 2013.

S'agissant des moyens financiers qu'il pourra mettre au service de ses ambitions, Roberto Gradnik rappelle les 81,9 millions d'euros de trésorerie de Stallergènes à fin juin tout en observant que "même si nos moyens sont relativement importants, on ne va pas dépenser jusqu'au dernier euro".

Septième laboratoire français avec un chiffre d'affaires de 235 millions d'euros en 2011, Stallergènes, dont le principal concurrent est le danois ALK Abello (2,3 milliards d'euros de ventes) élabore des produits de désensibilisation bien connus des victimes du rhume des foins ou des acariens.

Dans les pays développés, entre 25 et 40% de la population adulte et la moitié des enfants sont concernés par ces traitements. Le marché mondial, qui pèse quelque 850 millions d'euros, est à 80% européen. Roberto Gradnik ne voit guère d'amélioration de ce marché, et a fortiori ni en Espagne et en l'Italie où le groupe réalise 20% de ses ventes.

LES ETATS-UNIS ET LA CHINE EN LIGNE DE MIRE

Cette faiblesse sera néanmoins en partie compensée, selon le directeur général, par une croissance hors d'Europe qu'il imagine "intéressante".

Créée en 1962, Stallergènes a déjà ouvert des filiales notamment sur les marchés australien, argentin, russe et turque qui contribuent à hauteur de 35% à la croissance du groupe. "Ce sera sûrement plus en 2013", prévoit Roberto Gradnik.

Oralair, le traitement phare de Stallergènes, est aujourd'hui commercialisé dans 19 pays. L'ambition du groupe est de pouvoir le vendre également aux Etats-Unis où il est en discussion avec la FDA, l'autorité sanitaire du pays.

"L'important, c'est d'avoir un calendrier d'enregistrement et de lancement, souligne le directeur général, qui espère pouvoir communiquer à ce sujet au premier trimestre 2013.

Stallergènes étudie également les opportunités du marché chinois auquel il pourrait accéder via un partenariat.

"L'accord pourrait être conclu en 2013, ce n'est pas sûr, mais ça pourrait l'être", estime Roberto Gradnik.

En octobre dernier, l'entreprise détenue à 73% par le fonds Ares Life Sciences, a abaissé sa prévision de ventes désormais attendues en croissance d'environ 5%, par rapport à un objectif initial de 5 à 7%.

Interrogé sur cette prévision, Roberto Gradnik a estimé qu'il n'y avait "pas de raison d'en craindre une variation très significative".

Pour 2013, ajoute le directeur général, "j'ai le souci de garantir une bonne profitabilité. Je ne crois pas que l'on va la changer de façon significative".

L'action Stallergènes se traitait vendredi en hausse de 0,34% à 42,95 euros avant la publication de cette interview, faisant ressortir une capitalisation boursière de 578,4 millions d'euros. Elle a progressé de 1,8% depuis le début de l'année.

Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant