Stadium Politicus

le
0
Stadium Politicus
Stadium Politicus

Dernière ligne droite avant les élections régionales. Il fut un temps où les hommes politiques étaient capables de remplir des stades entiers. Du Parc des Princes au Vélodrome, rien n'arrêtait les superstars de la parlotte lorsqu'ils étaient en période électorale. Tournée des stades en compagnie des bêtes de campagne d'hier et d'aujourd'hui.

Ce samedi 11 avril 1981, la clameur qui s'élève de la porte de Saint-Cloud est formidable. Et oui, 45 000 personnes qui hurlent et tapent dans leurs mains, ça fait du bruit. Le Parc des Princes est plein à craquer, et ses abords sont envahis par les Peugeot 505, Fiat Panda, Ford Escort, et autres bijoux à 4 roues qu'il faut avoir pour être dans le vent au début des eighties. Du virage Boulogne au voisin d'en face d'Auteuil, en passant par les tribunes latérales, tout le monde a les yeux rivés vers la pelouse. Soudain, la foule entière se lève, exaltée, fanatisée. Son héros vient d'apparaître, et s'avance fièrement vers elle. Dominique Rocheteau ? Non, Jacques Chirac, alors maire de Paris et ex-Premier ministre, mais surtout candidat à l'élection présidentielle. Costume clair dont s'inspirera sans doute Ray Liotta dans Les Affranchis, lunettes carrées du mec à la mode avec 35 ans d'avance, Bernadette sous le bras, Chirac a la classe. Un peu plus loin, Charles Pasqua, génial organisateur de cette démonstration de force, jubile. Son poulain est dans la droite lignée des grandes messes gaullistes, où la force du nombre faisait la force tout court, et où le culte du chef était la seule règle qui vaille. Oui, décidément, ce Parc des Princes était l'endroit parfait pour faire la fête.

La guerre du Vélodrome

Car la recette d'un meeting politique réussi est assez simple. Il faut du monde, beaucoup, et du boucan au moment d'applaudir le champion. Parquer quelques dizaines de milliers de militants déchaînés dans une enceinte faite pour résonner, une pratique courante dans les années 80, et que Georges Marchais affectionnait particulièrement. "Je me souviens de ce meeting au Stadium de Toulouse pour les législatives en 1978, il faisait un froid de canard", se rappelle cet ancien responsable des Jeunesses communistes, qui était alors de toutes les batailles, mais ne souhaite pas être cité aujourd'hui. "Quand vous faites un stade, les journaux en parlent, ça a une autre gueule que si vous êtes dans les topinambours aux alentours."

Un amour pour les stades que Marchais montrera à nouveau lors de sa campagne présidentielle de 1981, puisqu'il enchaînera des arènes telles que Gerland ou le Vélodrome. Un lieu pratique, mais aussi à la symbolique forte, comme l'affirme ce même ancien chef des Jeunes du PCF : "Remplir le…



Lire la suite de l'article sur SoFoot.com

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant