Stade Français / Hugo Bonneval : " Tu te dis '' Comment je vais faire ? '' "

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Stade Français / Hugo Bonneval : " Tu te dis '' Comment je vais faire ? '' "
Stade Français / Hugo Bonneval : " Tu te dis '' Comment je vais faire ? '' "

Après une grave blessure à un genou qui l'a éloigné des terrains pendant un an, Hugo Bonneval retrouve petit à petit ses sensations au Stade Français. L'arrière français nous parle de sa blessure, de sa convalescence, du début de saison de son équipe ainsi que de son retour à la compétition.

Hugo Bonneval, sentez-vous le groupe plus concentré, plus impliqué, après la récente défaite contre Bordeaux-Bègles (21-24, 10eme journée de Top 14, le 5 décembre) ?
On a besoin de se faire secouer pour se resserrer. Bien évidemment qu’après la défaite contre Bordeaux à domicile, on s’est dit quelques trucs et on s’est un peu regardé les uns les autres. Il fallait qu’il y ait des choses qui sortent. Maintenant, il ne faut plus que ça arrive. On a déjà perdu deux fois à domicile et c’est inadmissible.

Une remise en questions était-elle nécessaire ?
J’espère que ça ne sera pas trop tard et que ça suffira.

Finalement, c’est un bon test ce double affrontement face à Trévise en Champions Cup…
C’est surtout très excitant car ce sont des matchs de Champions Cup. Ça fait quelques années que le club ne l’a pas jouée. On découvre la compétition. Revenir à Jean Bouin et faire un bon match, c’est important pour nous et pour les gens qui nous suivent parce qu’on est content quand il y a du monde à Jean-Bouin. Mais à nous aussi de faire le boulot sur le terrain.

Ce sera le premier match de Champions Cup dans ce nouveau Jean-Bouin.
Oui, aussi. Avec les événements tragiques (ndlr : les attentats du 13 novembre), on n’avait pas eu l’occasion de jouer contre le Munster. Jean-Bouin va donc découvrir la Champions Cup.

Vous éclatez-vous plus en Coupe d’Europe qu’en Top 14 ?
En Coupe d’Europe, tu n’as rien à perdre alors qu’en championnat, tu as tout à perdre. C’est aussi ça un peu la différence. Je pense qu’on a montré sur deux matchs qu’on ne la galvaudera pas et qu’on veut aller le plus loin possible.

A titre personnel, où en êtes-vous ?
Petit à petit, j’ai l’impression que ça revient. J’ai eu un début de saison difficile car on a repris très tard et malheureusement je n’avais pas pu au début bosser spécifiquement sur mon genou. On a ensuite trouvé des plages pour travailler un peu plus après l’entraînement ou pendant les jours « off » afin de faire des trucs un peu plus spécifiques. Parce que je sentais que ça ne rimait à rien en début de saison, je n’avançais pas, je n’avais rien. La saison passe et je reprends du rythme, je reprends de la caisse, ça va mieux.

« On n’est pas à l’Amicale, ce n’est pas le plus sympa qui va jouer »

Vous étiez-vous fixé des objectifs personnels ?
Comme je l’avais dit d’entrée, je voulais me mettre avec le groupe, rejouer le plus possible, retrouver du temps de jeu pour reprendre le rythme et mes habitudes. Après, c’est le staff et les préparateurs physiques qui gèrent. Moi, je suis là, je bosse et je donne le meilleur pour essayer de rejouer. J’ai besoin de jouer, de retrouver des automatismes et des situations de matchs que j’avais perdus.

L’équipe de France est-elle un objectif ?
Je ne vais pas vous dire que je n’y pense pas mais la vérité aujourd’hui, c’est qu’il y a le terrain et Paris. A moi de répondre avec Paris, c’est grâce à Paris que j’ai connu l’équipe de France et ça sera grâce à Paris que j’aurai la chance d’y retourner.

Est-ce que le fait que Jeff Dubois (ndlr : ancien entraîneur des arrières du Stade Français) fasse partie du nouveau staff de l’équipe de France, ça donne une motivation supplémentaire ?
Si je ne suis pas bon avec Paris le week-end, si je ne joue pas dans mon club, si je ne propose pas des bonnes performances tous les week-ends, ça aura beau être mon frère le sélectionneur, il ne me prendra pas. On n’est pas à l’Amicale, ce n’est pas le plus sympa qui va jouer. Que ce soit en club ou en sélection. Je sais ce que je dois faire avant pour y prétendre.

Vous parliez de sensations. Contre Bordeaux, vous prenez l’intervalle, vous fixez deux défenseurs et vous servez Djibril Camara, qui va à l’essai. Est-ce que c’est ce genre d’action qui vous redonne confiance ?
Bien sûr que ça fait plaisir, également pour l’ego. Mais oui, c’est cette sensation de pouvoir accélérer, de sentir qu’on ne peut pas te reprendre... Il y a aussi beaucoup de sensations défensives, car quand tu n’as pas pris de chocs pendant un an, la première fois, ça secoue un peu. Et tu dis « c’est quoi ça ? Je n’y suis pas. » Il y a tout un tas de choses, le jeu au pied, la longueur du jeu au pied ; c’est tout un tas de petits trucs qui petit à petit se remettent dans l’ordre.

Avez-vous craint à un moment de ne jamais retrouver votre vitesse, vos qualités, votre jeu ?
Je ne sais pas. Il y a beaucoup de joueurs qui ont eu ce que j’ai eu et qui vont bien, donc je ne vais pas plus m’apitoyer sur mon sort que les autres. C’est vrai qu’au début quand tu te pètes et que tu vois le résultat, tu te dis « comment je vais faire ? », mais si les autres y sont arrivés, il faut bosser. J’ai pris un an alors que c’est entre six et neuf mois normalement, mais c’est passé maintenant.

(avec Guillaume MARION)

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