Stabilité de l'aide publique au développement en 2014-OCDE

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* La baisse de l'aide aux pays les plus pauvres se poursuit * Cinq pays au-dessus des objectifs de l'ONU * Les ONG critiquent la baisse des dotations françaises PARIS, 8 avril (Reuters) - L'aide publique au développement des principaux pays industrialisés est restée globalement stable l'an passé par rapport aux records enregistrés en 2013, mais l'aide aux plus pays les plus pauvres a poursuivi sa baisse, selon les données publiées mercredi par l'OCDE. Les apports nets d'APD des 28 pays membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'organisation ont atteint l'an passé 135,2 milliards de dollars. En termes réels, en tenant compte de l'inflation et des variations des taux de change, ce montant marque une baisse de 0,5% par rapport au record de 135,1 milliards enregistré en 2013, souligne l'OCDE. Mais dans le même temps, l'aide bilatérale aux pays les moins avancés a reculé de 16% en termes réels pour se fixer à 25 milliards de dollars, selon des données encore provisoires. Une grande partie de ce repli s'explique par le niveau "exceptionnellement élevé" de l'allègement de dette consenti au Myanmar en 2013. Mais hors impact des allègements de dette, l'APD aux pays les plus démunis a diminué de 8%. "Notre défi, comme nous finalisons les objectifs de développement de l'après-2015 cette année, va être de trouver les moyens d'acheminer une plus grande partie de cette aide vers les pays qui en ont le plus besoin", a déclaré dans un communiqué Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE. Les programmes d'aide bilatérale représentent de l'ordre de 60% du total de l'APD. Pour l'Afrique subsaharienne, ils ont représenté l'an passé 25 milliards de dollars, soit 5% de moins qu'en 2013 en termes réels. BAISSE DE L'APD DE LA FRANCE Sur les 28 pays du CAD, cinq - Danemark, Luxembourg, Norvège, Royaume-Uni et Suède - dépassent l'objectif de l'Onu d'une aide publique au développement équivalant à 0,7% du revenu national brut (RNB). Treize pays ont enregistré une augmentation de leur APD nette en 2014, les plus fortes hausses étant à mettre au crédit de l'Allemagne (+14,4%), la Finlande (+12,5%), la Suède (+9,9%) et la Suisse (+9,7%). Mais elle a diminué dans les 15 autres pays du CAD, plus particulièrement en Australie (-8,5%), au Canada (-10,5%), en Espagne (-18,3%), au Japon (-26%) et au Portugal (-13,0%). Pour la France, elle a reculé de 5,1%, tombant à 0,36% du RNB contre 0,41% en 2013, une évolution sévèrement critiquée par les organisations non gouvernementales. Dans un communiqué, Christian Reboul, responsable d'Oxfam France, a dénoncé une "volonté politique qui fait défaut". "Au moment même où on observe un creusement des inégalités mondiales, une multiplication des catastrophes liées au changement climatique, une recrudescence des conflits armés, la France s'ampute d'un formidable outil de réponse à ces défis", dit-il. Pour Friederike Röder, directrice de ONE France, "la France va devoir redresser la barre si elle souhaite retrouver en crédibilité". "Si elle veut contribuer à la lutte contre l'extrême pauvreté et les changements climatiques, elle ne peut ignorer l'argent, le nerf de la guerre", a-t-elle déclaré. Les Etats-Unis restent le plus gros donateur en volume, avec 33,6 milliards de dollars en 2014, 2,2% de plus qu'en 2013. En intégrant les pays non membres du CAD qui ont communiqué des données, les Émirats arabes unis arrivent en tête pour l'aide au développement rapportée au RNB, à 1,17 %. L'étude complète de l'OCDE : http://bit.ly/1CwBar5 (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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