Stabilisation en vue dans l'industrie en Europe, la Chine peine

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L?INDICE PMI MANUFACTURIER DANS LA ZONE EURO
L?INDICE PMI MANUFACTURIER DANS LA ZONE EURO

par Jonathan Cable et Langi Chiang

LONDRES/PEKIN (Reuters) - L'industrie européenne montre des signes bienvenus de stabilisation après une longue période de marasme, montrent les dernières enquêtes auprès des entreprises, qui reflètent parallèlement un ralentissement de la croissance en Asie.

Une fois n'est pas coutume, c'est de la zone euro qu'émanent les signaux les plus encourageants, y compris des Etats les plus en difficulté de la région, comme l'Espagne, dont certains se rapprochent du retour à la croissance.

Et en Grande-Bretagne, le secteur manufacturier affiche sa croissance la plus soutenue depuis plus de deux ans.

A l'opposé, les perspectives peu encourageantes se confirment en Chine et le ralentissement semble gagner d'autres pays asiatiques, une détérioration du climat des affaires qui, selon certains analystes, pourrait finir par affecter l'Europe.

"L'industrie manufacturière mondiale montre de nouveaux signes de faiblesse. La tendance n'est pas très soutenue en Chine et nous nous demandons si la tendance dans la zone euro peut se maintenir", prévient ainsi Evelyn Herrmann, de BNP Paribas.

L'indice PMI Markit manufacturier de la zone euro, calculé sur la base d'une vaste enquête auprès des directeurs d'achats des entreprises du secteur, a atteint son plus haut niveau en 16 mois à 48,8 en juin contre 48,3 en mai. Il reste toutefois pour le 23e mois consécutif en dessous du seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité.

Le sous-indice de la production a progressé d'un point à 49,8, son meilleur niveau depuis février 2012.

Le PMI officiel chinois, lui, est retombé à 50,1, ce qui traduit pratiquement un retour au point mort du secteur. Et l'indice calculé pour la banque HSBC est même revenu à 48,2, au plus bas depuis neuf mois.

"L'économie chinoise est loin d'être tirée d'affaires. Plusieurs sous-indices de l'enquête PMI indiquent que l'économie est en proie à de graves difficultés", souligne Xianfang Ren, économiste d'IHS.

DU MIEUX AU JAPON

Un pronostic confirmé à demi-mot par Zhao Qinghe, un responsable de l'institution national chinois de la statistique, qui explique que la croissance de l'industrie devrait encore ralentir et que le secteur réduit ses effectifs depuis maintenant 13 mois d'affilée.

En Corée du Sud, l'enquête PMI fait ressortir la première baisse de l'activité industrielle en cinq mois.

Le Japon, lui, tire son épingle du jeu: l'indice "Tankan", qui mesure l'état d'esprit des dirigeants des grandes entreprises industrielles du pays, est repassé en territoire positif sur le trimestre avril-juin, pour la première fois en près de deux ans.

Cette amélioration du climat des affaires au Japon indique que les turbulences des dernières semaines sur les marchés financiers ne remettent pas en cause le regain d'optimisme favorisé par les nouvelles politiques monétaires et budgétaires pilotées par le Premier ministre Shinzo Abe.

"Une nouvelle preuve de l'efficacité de l'Abenomics. Le soutien monétaire et budgétaire devrait doper la croissance japonaise cette année et l'an prochain", estime Rob Wood, de Berenberg Bank.

Dans la zone euro, la croissance a sans doute été nulle au deuxième trimestre selon la dernière enquête de Reuters et elle ne devrait pas dépasser 0,2% sur juillet-septembre, ce qui lui permettrait néanmoins de sortir de la récession.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et d'autres responsables de l'institution ont déclaré la semaine dernière que la fin de la politique très accommodante menée par la BCE était encore "lointaine".

"La production a de nouveau augmenté en Allemagne et aux Pays-Bas, mais c'est dans la 'périphérie' que l'on observe les signaux les plus encourageants", souligne Chris Williamson, de Markit.

En Espagne, l'activité manufacturière est restée stable en juin après plus de deux ans de contraction et en Italie, la baisse a été la plus faible depuis l'été 2011.

En Grèce, l'heure est toujours au recul de l'activité même si la baisse des nouvelles commandes et de l'emploi en juin a été la plus faible enregistrée depuis près de deux ans.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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