ST-Ericsson intensifie sa restructuration

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ST-Ericsson intensifie sa restructuration
ST-Ericsson intensifie sa restructuration

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - L'entreprise en difficultés ST-Ericsson a donné un coup d'accélérateur à sa restructuration en annonçant lundi le transfert d'une partie de ses activités à sa maison-mère STMicroelectronics et la suppression de 1.700 emplois.

Confrontée à la baisse de la demande de son principal client Nokia, la coentreprise du franco-italien STMicroelectronics avec le suédois Ericsson espère ainsi réaliser 320 millions de dollars (244 millions d'euros) d'économies annuelles d'ici la fin de l'an prochain.

"Ce sera un effort douloureux mais nous devons le faire pour réduire nos coûts et abaisser notre seuil de rentabilité", a expliqué le directeur général Didier Lamouche lors d'une conférence téléphonique.

Nommé en décembre, le nouveau dirigeant du concepteur de puces pour appareils mobiles a ajouté que le groupe devrait également renouer avec la croissance de ses revenus pour espérer retrouver la rentabilité.

"Nous avons besoin des deux, des réductions de coûts mais aussi la croissance des revenus", a-t-il dit en expliquant que le groupe espérait regagner des parts de marché à partir de 2014.

1.700 RÉDUCTIONS D'EFFECTIFS

Le plan de redressement présenté lundi par le groupe, dont le siège est situé à Genève, prévoit 1.700 réductions d'effectifs, soit environ un quart du total de ses emplois dans le monde.

Une partie "conséquente" d'entre eux a toutefois vocation à réintégrer STMicroelectronics dans le cadre du partenariat prévu entre la filiale et sa maison mère dans les activités dédiées aux processeurs d'application, a indiqué Didier Lamouche, en précisant que le nombre d'emplois concernés se chiffrait à plusieurs centaines.

Dans le cadre de ce rapprochement, ST-Ericsson prévoit de transférer la totalité des activités de R&D ainsi que les salariés de cette division au sein du premier fabricant de semi-conducteurs européen pour ne conserver en propre qu'une activité de modems.

En dépit de cette alliance, la coentreprise reste détenue à parts égales par STMicroelectronics et Ericsson, a indiqué Didier Lamouche, en précisant que le groupe avait examiné quatre candidats potentiels à un partenariat avant d'opter pour un transfert au sein de STMicroelectronics qui se traduira par une internalisation des coûts.

Le plan de redressement prévoit en outre la réduction du nombre de ses sites de R&D, dont l'ampleur n'a pas été précisée, ainsi qu'une diminution d'environ 25% de ses frais commerciaux, généraux et administratifs par rapport à 2011.

En dépit de ces annonces, l'action de STMicroelectronics a dégringolé de 13,8% à 4,3090 euros, signant la plus forte baisse du CAC 40 (-2,83%) et traduisant la déception d'une partie des investisseurs qui attendaient des mesures radicales pour la société qui est l'un des principaux foyers de pertes de STMicro.

DÉPENDANCE

"La façon dont les dirigeants vont gérer ST-Ericsson à l'avenir va être déterminante. Compte tenu de la gravité des enjeux, avec des pertes qui enflent, nous estimons qu'une décision stratégique audacieuse (un partenariat/une cession), et bien plus qu'un simple programme de réductions de coûts, doit être mis en oeuvre", expliquaient les analystes de CA Cheuvreux dans une note publiée avant l'annonce du plan.

ST-Ericsson souffre de sa dépendance au finlandais Nokia, en perte de vitesse face aux américains Apple et Google.

Faute d'avoir remporté suffisamment de nouveaux contrats pour compenser la forte baisse d'activité en provenance de son principal client, St-Ericsson a accusé une perte opérationnelle de 867 millions d'euros en 2011 pour un chiffre d'affaires de 1,65 milliard d'euros, ce qui a pesé sur les résultats de STMicroelectronics.

ST-Ericsson et STMicroelectronics publieront leurs résultats du premier trimestre 2012 ce lundi après la clôture de la Bourse de New York.

STMicroelectronics a d'ores et déjà prévenu que sa marge brute serait inférieure à ses prévisions pour les trois premiers mois de l'année en raison d'une sentence d'un tribunal arbitral qui l'a condamné à verser 59 millions de dollars au néerlandais NXP.

Cette charge exceptionnelle aura un impact négatif d'environ 2,6% sur la marge, qui devrait s'établir aux environs de 30,4%, a prévenu le groupe.

Celui-ci anticipe par ailleurs un recul de 4% à 10% de son chiffre d'affaires par rapport au quatrième trimestre 2011.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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