Sri Lanka-Législatives en forme de référendum sur l'ex-président

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* 15 millions d'électeurs appelés aux urnes * La coalition gouvernementale favorite des sondages * L'ex-président Rajapaksa espère amorcer son retour par Douglas Busvine et Shihar Aneez COLOMBO, 17 août (Reuters) - Les électeurs du Sri Lanka ont commencé lundi à se rendre aux urnes pour élire leurs députés, un scrutin dont l'ex-président Mahinda Rajapaksa veut faire la première étape de son retour au pouvoir, sept mois et demi après sa défaite à la présidentielle. Battu par le réformiste Maithripala Sirisena -- qui fut son ministre -- en janvier, Mahinda Rajapaksa, 69 ans, brigue aujourd'hui le poste de Premier ministre après avoir présidé le pays pendant dix ans, un double mandat marqué en 2009 par l'écrasement de la rébellion séparatiste tamoule, alors active depuis 26 ans dans le nord du pays. Le dernier sondage autorisé pendant la campagne des législatives, réalisé fin juillet, ne lui a toutefois laissé que peu d'espoir de remporter les législatives: près de 40% des électeurs interrogés ont déclaré juger que le Premier ministre sortant, Ranil Wickremesinghe, à la tête d'un gouvernement minoritaire, était le plus qualifié pour le poste, contre 27,5% pour Rajapaksa. Les 225 députés du Parlement sont désignés par un scrutin plurinominal à un seul tour, les 15 millions d'électeurs pouvant choisir trois noms sur chaque liste présentée par les partis en lice. Le bureaux de vote ferment à 10h30 GMT et les résultats devraient être connus mardi. Les observateurs estiment que l'alliance réformiste qui a permis à Sirisena de remporter la présidentielle devrait s'assurer une majorité parlementaire et ajoutent qu'elle peut compter sur l'appui de petits partis en cas de besoin. La coalition gouvernementale bénéficie d'un large soutien au sein des minorités tamoule et musulmane, alors que Rajapaksa, à la tête du Parti libéral du Sri Lanka (SLFP), est donné en tête parmi les Cingalais, bouddhistes, qui représentent plus de 70% de l'électorat. Les relations avec la Chine sont l'un des principaux enjeux du scrutin. Même si Ranil Wickremesinghe est ouvertement pro-occidental -- alors que Mahinda Rajapaksa passe pour le favori de Pékin -- le Premier ministre sortant connaît l'importance des milliards d'euros d'investissements déjà engagés par Pékin au Sri Lanka. Le pays est en effet l'une des étapes de la "route de la soie maritime" reliant les rivages de la République populaire à ceux de ses grands clients à l'exportation au Moyent-Orient et en Europe. (avec Sunil Kataria et Ranga Sirilal, Marc Angrand pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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