Sri Lanka-Le retour de l'ex-président en passe d'échouer

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par Shihar Aneez et Douglas Busvine COLOMBO, 18 août (Reuters) - Les premiers résultats des élections législatives au Sri Lanka donnaient mardi la victoire aux adversaires réformistes de l'ancien président Mahinda Rajapaksa, qui voyait dans ce scrutin un moyen de revenir au pouvoir. La formation du Premier ministre, le Parti national uni (PNU), ne devrait pas obtenir de majorité absolue mais Ranil Wickremesinghe a malgré tout toutes les chances de disposer d'un soutien suffisamment large pour former un gouvernement stable. Après dépouillement dans 18 circonscriptions sur 22, le PNU obtient 70 sièges, soit seulement un de plus que la formation de Mahinda Rajapaksa, le Parti libéral du Sri Lanka (SLFP), mais l'écart devrait s'accroître, selon les connaisseurs de la vie politique du pays. Compte tenu de ces premiers résultats, le PNU peut espérer obtenir de 105 à 107 sièges, pas assez pour parvenir à la majorité absolue, qui se situe à 113 sièges, mais suffisant pour former un gouvernement de coalition. "Bâtissons ensemble une société civilisée, formons un gouvernement consensuel et construisons un pays nouveau", a déclaré Ranil Wickremesinghe mardi, au lendemain du scrutin. S'ils se confirment, ces résultats constitueraient une victoire majeure pour l'actuel président réformiste, Maithripala Sirisena, qui avait battu son prédécesseur -- et ancien allié -- lors de la présidentielle de janvier. ENJEUX A l'inverse, il s'agit d'un échec pour Mahinda Rajapaksaa, dont les dix ans de mandat ont été marqués par par l'écrasement en 2009 de la rébellion séparatiste tamoule, alors active depuis 26 ans dans le nord du pays. Après son arrivée à la présidence, Maithripala Sirisena avait convoqué des élections législatives pour se donner davantage de marge de manoeuvre. "Le PNU n'aura pas de majorité absolue. Il devra chercher des partenaires de coalition parmi les soutiens de Maithripala Sirisena", selon Paikiasothy Saravanamuttu, directeur du Centre pour des alternatives politiques. Avec un soutien suffisamment large, le PNU peut même espérer obtenir les deux tiers des suffrages nécessaires au Parlement pour faire adopter des réformes constitutionnelles et simplifier ainsi la législation électorale, aujourd'hui très complexe. Le sort de Mahinda Rajapaksa a quelque peu éclipsé les autres enjeux de la campagne, notamment en matière de politique étrangère. La victoire de Ranil Wickremesinghe, ouvertement pro-occidental, et la défaite de Mahinda Rajapaksa, qui passait pour le favori de Pékin, devraient entraîner un rééquilibrage de la politique étrangère du pays. Durant les deux mandats de l'ex-président, la Chine a investi des milliards d'euros dans le pays pour en faire un poste avancé de sa "route de la soie maritime" reliant les rivages de la République populaire à ceux de ses grands clients à l'exportation au Moyent-Orient et en Europe. (Simon Carraud pour le service français)

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