Soutien international promis au Liban, en danger "existentiel"

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LE GROUPE INTERNATIONAL D'AIDE AU LIBAN PROMET D'AUGMENTER SON SOUTIEN
LE GROUPE INTERNATIONAL D'AIDE AU LIBAN PROMET D'AUGMENTER SON SOUTIEN

PARIS (Reuters) - Le groupe international de soutien au Liban a promis mercredi à Paris d'augmenter son soutien à un pays en "danger existentiel", selon son président, en raison de l'afflux incessant de réfugiés qui fuient la guerre civile en Syrie.

Ce sommet, auquel participaient les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, s'est déroulé au cours d'un ballet diplomatique dans la capitale française pour tenter de trouver une solution à la crise ukrainienne.

"Nous utiliserons cette réunion à toutes les fins possibles pour faire avancer la paix que ce soit au Moyen-orient ou que ce soit aux confins de l'Europe", a dit François Hollande.

Le président du Liban Michel Sleimane s'est efforcé de sensibiliser la communauté internationale "à la gravité du problème des réfugiés, qui constitue désormais un danger existentiel qui menace l'entité libanaise et dont la prévention exige un engagement plus ferme".

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Liban accueille environ un million de réfugiés syriens, dont le nombre s'accroît chaque mois.

LE "TRUST FUND" ABONDÉ

L'appel de Michel Sleimane a été au moins partiellement entendu par le groupe de soutien qui a renouvelé son appui politique au Liban, auquel il a convenu d'apporter "un appui international solide et coordonné".

"Les participants se sont déclarés à nouveau préoccupés par les répercussions négatives que le conflit syrien au Liban a sur les communautés vulnérables et sur certains secteurs clefs, notamment la santé, l?éducation, les infrastructures et l?emploi", ont-ils écrit dans leur déclaration finale.

La Finlande, la Norvège et la France ont décidé d'abonder à hauteur respectivement de 3 millions de dollars, 4,8 millions de dollars et 7 millions d'euros un "trust fund" de la Banque mondiale pour aider le développement du Liban.

"Cela va permettre d'amorcer la pompe", estime un diplomate français, qui espère voir d'autres donateurs suivre l'exemple.

Il n'a cependant pas voulu donner de précision sur les équipements militaires que Paris doit fournir à l'armée libanaise dans le cadre du don de trois milliards de dollars octroyé par l'Arabie saoudite pour assurer sa modernisation.

L'armée est l'une des rares institutions libanaises épargnées par les divisions confessionnelles mais elle peine à endiguer les violences liées au conflit en Syrie voisine.

Paris, comme ses alliés, tente de protéger le Liban d'une "contamination" par les violences syriennes, un risque démontré selon la France par la recrudescence des attentats et des assassinats politiques au Liban.

Les diplomates français redoutent que les groupes sunnites actifs en Syrie décident d'affronter au Liban le Hezbollah, qui combat aux côtés des forces du président Bachar al Assad.

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont appelé - sans succès - le 10 juillet 2013 le mouvement armé chiite libanais à ne plus s'impliquer directement dans le conflit syrien.

(Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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