Sous les bombardements, elles refusent de quitter leur maison

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En Ukraine, à Donetsk, deux sœurs racontent leur quotidien dans leur maison aux murs et toit criblés d’éclats d’obus. Malgré le danger, elles restent dans leur logement parce qu’elles n’ont «nulle part où aller».

Voilà une histoire de logement qui est à des années lumières des syndics et problèmes de copropriété parisiens... Cela fait plus d’un an qu’elles vivent sous les bombardements, sans électricité, ni chauffage. Pourtant, deux soeurs refusent de quitter leur maison située sur la ligne de front, dans l’est rebelle prorusse de l’Ukraine. Antonina Vikoulina et sa soeur Valentina, deux menues septuagénaires, s’affairent devant leur maison, aux murs et toit criblés d’éclats d’obus, à Donetsk, grande ville industrielle devenue fief séparatiste après le début du conflit opposant les rebelles prorusses à l’armée ukrainienne. Les deux vieilles dames ont travaillé pendant une grande partie de leur vie à l’aéroport, situé à quelque centaines de mètres de là.

Remis à neuf à l’occasion d’une demi-finale de l’Euro-2012 que Donetsk accueillait il y a seulement trois ans, des combats acharnés en ont fait un tas de ruines. Les soldats ukrainiens ont abandonné les ruines de l’aéroport en janvier, mais en dépit d’une trêve instaurée un mois plus tard, les hostilités se poursuivent et rythment le quotidien de deux soeurs. Alors que Valentina fait bouillir des pommes de terre sur un feu de bois, un obus de mortier explose à proximité. Elle n’y accorde aucune attention, s’inquiétant surtout pour les journalistes de l’AFP.

«Nous ne nous abritons plus, notre cave est inondée. Nous prions et attendons», explique-t-elle calmement. «Cela fait plus d’un an qu’on vit sans gaz ni électricité. On cherche nous-même de quoi survivre», déplore Antonina, qui raconte recevoir quelques miches de pain des rebelles. Elle va parfois jusqu’à une base militaire non loin, abandonnée par les Ukrainiens, trouver des morceaux de charbon. Mais à chaque fois qu’elle se déplace, Antonina sait qu’elle risque sa vie: elle rase les murs et évite les espaces ouverts par peur des «snipers», explique-t-elle.

À cause des bombardements incessants, les lignes électriques et les conduites de gaz ne peuvent être rétablies dans le quartier Oktiabrski, explique un responsable séparatiste local, Ivan Prikhodko. «Plus personne n’y habite. Nous avons proposé à tous les résidents de déménager dans d’autres foyers à Donetsk», se justifie-t-il. Même les bénévoles locaux qui aidaient les plus démunis du quartier ont baissé les bras. «Avant on distribuait ici des médicaments et des produits d’hygiène, mais la plupart de ceux qu’on aidait sont partis et, à ma connaissance, les bénévoles d’y viennent presque plus», a indiqué à l’AFP Dmytro Chibalov, à la tête de l’ONG Citoyens responsables.

Comme les deux soeurs, Galina a décidé de rester malgré tout. «Nous habitons de facto dans un champ de bataille. Les combats (pour l’aéroport) ont commencé le 26 mai 2014 et continuent», résume-t-elle. Si cette femme rondelette de 60 ans, qui partage sa maison avec sa mère, son fils et leur teckel, a décidé de rester au milieu des tirs, c’est aussi parce qu’elle n’a «nulle part où aller».

Beaucoup en Ukraine estime que les habitants de l’Est sont eux-mêmes responsables de leur malheur pour avoir soutenu la rébellion séparatiste contre Kiev. Mais Galina, elle, ne cherche pas de coupables. «Nous avons pitié de tous, dans les deux camps», confie-t-elle.

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  • calippe3 le mardi 11 aout 2015 à 10:26

    On peut les comprendre mais c'est toujours les innocents qui paient pour les autres ......

  • M8614773 le lundi 10 aout 2015 à 14:10

    propagande americaine de base,avec nos pseudo journalistes et politiques asservit !